Philémon Cimon a présenté le vidéoclip de sa chanson J’suis tout seul, signé par la réalisatrice Amaryllis Tremblay.

Je voulais juste qu’on m’écoute un peu, une tendresse. Je ne voulais plus être seul et pourtant on me fuyait, et pourtant, pour de vrai, l’infini était devenu mon ami, alors que c’était précisément l’infini qui m’empêchait de dormir, quand j’avais 8 ans, avec ma douillette
d’arc-en-ciel et de nuages. – Philémon

Que s’est-il passé de mon enfance
Philémon Cimon a offert le 29 août, Que s’est-il passé de mon enfance, un album rempli de candeur qui ne s’adresse pas vraiment aux enfants, mais à l’enfant dans l’adulte.
Lors de la création de cet opus de dix chansons, Philémon croyait étrangement qu’il écrivait pour les enfants. Mais, il inventait des pièces surtout pour prendre soin de l’enfant en lui, pour réparer son enfance.

Une enfance réinventée
La grande majorité des morceaux ne sont pas autobiographiques. Cet univers artistique est plutôt le reflet de ce qu’il aurait aimé que soit sa jeunesse. Pourtant, il a eu une belle enfance. Peut-être même trop belle, par moments. Si belle qu’il aurait aimé que ça continue.
En même temps, en y pensant plus profondément, il y avait de nombreux moments durant lesquels il s’ennuyait. Souvent, il ne faisait pas ce qu’il avait envie de faire et il ne disait pas ce qu’il avait envie de dire. Parfois, il était triste à mourir, la vie lui semblait injuste. Il était aussi régulièrement surpris par la méchanceté des gens, tout comme par leur laideur.

Le jeune Philémon aimait également le silence. Il voulait qu’on l’abandonne, enfin, pour qu’on le retrouve.

Il voulait qu’on l’aime même s’il se trouvait laid.
Il voulait aider les animaux et leur parler.
Il imaginait subir un gros accident et guérir.
Il enviait son frère, pour il ne sait trop quoi.
Il espérait ne plus prendre de décision, ne plus parler. Pourtant, il criait une fois par jour.
Il voulait des parents qui s’aiment.
Il voulait arrêter de vivre, pour vivre tout ça.

Dix chansons hors du temps
Philémon a composé ses chansons sans s’en rendre compte. Comme on ne s’aperçoit pas qu’on est un enfant. Ça arrive, c’est juste ça qu’on connaît.
Il a navigué sans cesse entre son passé et son présent. D’un côté, il y a ce qui est resté en lui, muet et inexprimé. De l’autre, il y a le fait de lui donner enfin une voix aujourd’hui.
Philémon aime les épervières de Saint-Joseph-de-la-Rive depuis qu’il est petit, il a créé une chanson. Inspiré par un vieux livre d’enfance de sa grand-mère, il a écrit une deuxième chanson (Le p’tit pêcheur d’éperlans). Au souvenir des balades sur les collines, dans les sentiers bercés d’herbes longues, il a composé une autre chanson (Allez les p’tits gamins). Enfant, l’infini le terrifiait, alors que c’est maintenant un moteur de création, une troisième chanson (J’suis tout seul).

Tous les squelettes des pièces ont d’abord été enregistrés avec Nicolas Basque et Adèle Trottier-Rivard, à leur maison, en une ou deux prises live, sans retouche. L’énergie de l’album tient grandement à ce qu’ils ont vécu ensemble, tous les trois, et qui s’est ensuite agrandi. « On a fait sortir l’enfant en nous durant l’enregistrement; on s’est amusé », affirme Philémon.
Pour composer la musique habillant les dix pièces de l’album, Philémon a utilisé tous les instruments de l’orchestre, comme s’ils représentaient toutes les personnes qui ont croisé son enfance. Il voulait entendre leur timbre de voix, comme il les entendait quand il était petit, ayant un père musicien classique.

Durant un été, en Gaspésie, Philémon a écrit des arrangements en contrepoint des mélodies : 29 instruments, 22 musiciennes et musiciens.
« Ils ont joué ensemble, parfois séparément, et j’étais ému chaque fois. On gardait la prise qui me faisait pleurer, raconte Philémon. Je suis heureux d’avoir créé des chansons avec ces gens très talentueux, qui ont mis un peu de leur magie comme ma grand-mère mettait de l’amour dans ses gâteaux. Beaucoup d’amour. »

À propos de Philémon Cimon
L’urgence, la vulnérabilité et la générosité traversent les créatifs de Philémon Cimon. Son envie de créer et de chanter s’est révélée lors d’un voyage en Inde, à 17 ans; face à l’inconnu, il fallait inventer quelque chose de nouveau.

En 2009, en voyage à Cuba, Philémon rencontre des musiciens locaux et enregistre en deux jours un premier album: LES SESSIONS CUBAINES. «Dès les premières mesures, cette écriture frappe l’esprit et le plexus solaire.» (La Presse.) Depuis, 8 autres albums ont suivi.