Ray Ringo est une bande dessinée qui a été créée en 1967 par le scénariste belge William Vance. Prépublié dans le Journal de Tintin, puis publié jusqu’en 1978 en albums, les aventures de Ringo ont été compilées en deux volumes d’intégrale en 2004.
Après un silence de plus de 47 ans (et bien après le décès de William Vance en 2018), les éditions Le Lombard ont fait appel à deux auteurs de talent pour faire revivre la légende de Ray Ringo et poursuivre l’héritage de Vance.
Pour ce faire, ils pouvaient compter sur le scénariste français Éric Corbeyran qui a déjà à son actif plusieurs titres à succès tels que Bob Morane, Tarzan, 14-18, Châteaux Bordeaux, Le régulateur, etc.
Au niveau graphique, c’est Roman Surzhenko qui se charge de nous embarquer dans l’Ouest Américain à travers ses dessins plus vrais que nature. Le dessinateur russe n’est pas un novice du western, puisqu’il y a déjà repris la série dérivée Durango la jeunesse. Autant dire qu’il maîtrise les codes du genre à travers la recherche graphique qui permet de donner vie à ces cowboys chevauchant leurs montures qui nous donnent l’impression de vivre le Far West comme si on y était. Rappelons d’ailleurs que Surzhenko a travaillé pendant plusieurs années sur La jeunesse de Thorgal et plus récemment dans Thorgal Saga (Shaïgan).
Qui est Ringo ?
Ray Ringo est un agent de la Wells Fargo, une compagnie qui transporte des voyageurs et de l’or provenant des mines durant la seconde moitié du 19e siècle aux États-Unis. Ringo parcourt le pays durant l’époque de la conquête de l’Ouest.

Le récit
Dans ce premier tome qui s’intitule La porte du diable[1], les lecteurs découvriront un récit qui est dans la même veine des classiques du western et qui s’inscrit dans la continuité du récit d’origine.
Ringo se rend à New-York pour présenter sa démission à la Wells Fargo. S’adressant à son employeur, il ne peut accepter que la compagnie réduise le nombre de convoyeurs, ce qui expose les convois à de nombreux risques : « Je vais vous dire ce que je préfère Monsieur Fargo…je préfère des conducteurs et des voyageurs qui voyagent en toute sécurité et qui arrivent à destination en un seul morceau…et je préfère renoncer à mon travail si la compagnie qui m’emploie n’est plus capable d’assurer ça! Vos diligences ont encore de beaux jours devant elles, Monsieur! Les gens préfèrent la route car ils ont confiance en nous…et il en va de même des banques! Seulement voilà : moins de convoyeurs signifie plus de risques…et plus de risques signifie plus de morts! » (Page 7).
Alors qu’il dîne en compagnie de son vieil ami Gus, Ringo reçoit un télégramme qui l’informe que la diligence que conduisait sa fiancée Lean a été attaquée. Même si elle s’en est bien sortie, Lean a été blessée et elle est immobilisée à Indépendance Rock.
Cette situation est propice pour Gus qui propose à Ringo de travailler une dernière fois en tant que convoyeur pour la compagnie, car l’itinéraire de son trajet passe justement par Indépendance Rock.
On l’a compris, la route que suivra Ringo ne sera pas sans danger. De la côte Est, en passant par le Dakota du Sud, le Wyoming, jusqu’au Nevada, Ray Ringo devra assurer la sécurité du convoi tout en allant à la recherche de sa future épouse.
Un western intelligent
Cette aventure de Ringo permet d’aborder plusieurs sujets dans une époque où les armes ont le dernier mot. Les auteurs nous entrainent dans un récit d’action et d’aventure à travers le Far West. Ils tiennent compte du contexte politique en soulignant les changements qui ont accompagné la conquête de l’Ouest à la veille de la Guerre de Sécession, tels que l’essor du transport en diligence et son remplacement graduel par le chemin de fer. Au niveau social, ils abordent aussi la place des femmes et celle des métisses dans l’Amérique du 19e siècle à travers des personnages de Lean et de Jerry (Sipi).
Le tome 1 de Ray Ringo est disponible depuis le 20 août au Québec chez les libraires.
Réda Benkoula
[1] Ray Ringo, Tome 1, La porte du diable | Éric Corbeyran (Scénario), Roman Surzhenko (Dessin) | 2025 | 56 pages



