L’apparence physique exerce-t-elle toujours une influence sur la carrière ? Il semblerait que oui, selon une recherche menée à HEC Montréal, par une experte en recrutement et sélection du personnel. Toutefois, les critères d’évaluation diffèrent selon le secteur d’activité. Dans les milieux à forte composante créative, les cheveux colorés ou les piercings seront généralement mieux acceptés que dans des environnements plus traditionnels. Cependant, dans ces secteurs orientés vers la mode et les tendances, on s’attendra également à ce que la présentation du candidat soit particulièrement soignée.

L’habit ne fait pas le moine, mais…

Contrairement au proverbe bien connu, cette perception ne correspond pas entièrement à la réalité du marché du travail. La tenue vestimentaire constitue en quelque sorte la deuxième peau d’une personne. Elle reflète son identité et sa capacité à s’adapter à un environnement donné. En réalité, lorsqu’on souhaite intégrer une entreprise, il est utile de comprendre les éléments qu’elle valorise. La chercheuse cite l’exemple d’une candidate convoquée à une entrevue dans une grande entreprise de cosmétiques : «Sans devoir afficher une apparence de mannequin, elle a tout intérêt à se présenter soignée — maquillage approprié, ongles bien entretenus, cheveux propres et coiffés.»

L’image de l’entreprise et les droits individuels

Si ce concept n’est pas formellement formulé, il est indéniable que la plupart des employeurs s’attendent à ce que l’image d’un employé correspondent à leurs valeurs. Ce facteur joue de manière plus marquée, lorsque la description du poste implique que l’employé.e doive représenter l’entreprise à l’externe, auprès de clients ou partenaires. Certains gestionnaires ou recruteurs pourraient avoir des préjugés à l’égard de certaines tenues vestimentaires ou détails physiques. 

Le droit de choisir en fonction de la mission de l’entreprise et les droits individuels

Si les entreprises peuvent rechercher des candidat.e.s qui les représenteront adéquatement, conformément à leurs propres critères, cela doit toutefois, se faire dans le respect des règles encadrant la discrimination, notamment en ce qui concerne le sexe, la couleur de peau ou le poids. Il peut néanmoins, être frustrant pour un employé de se voir interdire le port du jean ou l’utilisation de piercings. Doit-on alors se conformer à ces exigences ou remettre en question de telles pratiques ?

Il est généralement préférable d’engager le dialogue, afin de comprendre les raisons qui motivent les exigences de l’entreprise. Elles peuvent être liées à l’image, mais aussi à des considérations d’hygiène. Par la suite, chacune des parties peut évaluer si ces règles sont raisonnables et si, elles entrent en conflit avec ses propres valeurs. Les parties peuvent également en arriver à un compromis acceptable comme par exemple, porter un chandail ou une chemise à manches courtes, plutôt qu’une camisole.

Si l’étude prouve que la tenue vestimentaire et l’apparence ne soient pas automatiquement une cause d’une exclusion à l’embauche, il n’en demeure pas moins qu’elles viennent souvent jouer sur l’avancement de carrière, selon les conclusions de l’étude.

Martine Dallaire, B.A.A.