Ils étaient nombreux à marcher en mémoire de Nooran Rezayi (15 ans) qui a été abattu par un policier le 21 septembre dernier.

La famille et les amis du défunt ont invité la population à une marche pacifique en mémoire de Nooran Rezayi, parti trop tôt dans des circonstances tragiques à Longueuil. Cette marche avait pour but de rendre hommage à Nooran, de soutenir sa famille dans cette épreuve et de dénoncer l’injustice afin que cela n’arrive plus jamais.

Le message des organisateurs appelait toutes et tous à rester calmes, respectueux et pacifiques.

Réactions

Association de la Sépulture Musulmane au Québec

Nous vous attendons en grand nombre aujourd’hui à 14h00 au lieu où Nooran à été abattue par un agent de paix à l’intersection Rue de Monaco et Joseph-Daigneault .
Justice pour Nooran !
 
J’ai participé, avec mon collègue Haroun Bouazzi, aux funérailles du jeune de 15 ans, Nooran Rezayi, tué par un policier dimanche dernier, lors d’une intervention qui a tourné au drame. Le silence était de mise. L’on palpait le chagrin et le sentiment d’injustice qui enveloppait les centaines de personnes qui se trouvaient là.
Lorsque l’on a vu le cercueil de Nooran s’avancer vers sa dernière demeure, je n’arrivais pas à chasser l’image d’un jeune homme de 15 ans qui avait toute une vie à vivre, mais qui était pourtant là, dans un cercueil, inerte, comme une promesse rompue à jamais.
Normalement, Nooran aurait dû être à son école secondaire André-Laurendeau aujourd’hui. Avec ses livres, ses cahiers de notes, se promenant dans les couloirs avec ses camarades de classe dans le brouhaha incessant d’une adolescence faite d’insouciance. Il allait plutôt être enterré.
Au milieu de cette peine innommable, la perte de Nooran se traduit par un cri partagé : la justice. Sa famille, la communauté, les jeunes de l’école secondaire André-Laurendeau, nous tous et toutes le demandons, l’exigeons.
Les institutions judiciaires, à commencer par le Bureau d’enquêtes indépendantes (BEI)*, porte une lourde responsabilité. La famille et les communautés en deuil exigent une enquête diligente, exhaustive et transparente. Or, le BEI a souvent été critiqué par le passé de produire des rapports opaques. Cela doit changer et il appartient aux parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec, et au premier chef au Gouvernement du Québec, d’opérer ces changements.
La confiance entre le Service de police de l’agglomération de Longueuil et la jeunesse de la Rive-Sud est sérieusement ébranlée aujourd’hui. On a déjà vu trop de jeunes, en particulier des jeunes racisés, décédés à la suite d’une intervention policière. Cela nous oblige au moins à un devoir : plus jamais un ado tué par des balles de la police!
En solidarité avec la famille endeuillée, je me joindrai, ce samedi 27 septembre, à 14h, à une vigile à la mémoire du jeune Nooran.
* « Le Bureau des enquêtes indépendantes mène une enquête dans tous les cas où, lors d’une intervention policière ou durant sa détention par un corps de police, une personne autre qu’un policier en service décède ou subit une blessure grave ou une blessure causée par une arme à feu utilisée par un policier. Le BEI intervient alors pour faire la lumière sur l’événement. On parle alors du déclenchement d’une enquête indépendante. ». https://www.bei.gouv.qc.ca/organisme/mandat-et-pouvoir
Près de 1000 personnes se sont recueillies aujourd’hui lors des funérailles de Nooran Rezayi, tué par un policier dimanche dernier. J’y étais avec mon collègue Andrés pour présenter mes condoléances à la famille. J’y ai vu une communauté digne, soudée et terriblement triste par l’injustice qui a frappé de la manière la plus violente le jeune Nooran et son entourage.
Comment garantir que justice soit rendue et que la confiance puisse être rétablie avec la police?
Considérant que depuis le début de ses activités en 2016, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a ouvert 467 enquêtes, que seules deux ont mené à des poursuites judiciaires et aucune à une condamnation, ne faudrait-il pas dresser un bilan de son efficacité et de ses pratiques?
Pourquoi est-ce que les personnes racisées sont très largement surreprésentées dans les victimes de violence policière et comment y remédier?
Je vous invite entre temps à aller à la marche en sa mémoire ce samedi 27 septembre à 14h, à Longueuil. Voici tous les détails de l’événement : https://www.facebook.com/share/1NCQy8Tc8Y/
Repose en paix, Nooran.
27 septembre 2025 – Saint-Hubert
Un silence lourd s’est imposé samedi après-midi dans les rues de Saint-Hubert. Des centaines de pas ont résonné à l’unisson pour honorer la mémoire de Nooran Rezayi, 15 ans, abattu par un policier une semaine plus tôt. Là où le drame s’est joué, la douleur s’est transformée en marche collective, portée par des visages graves, des pancartes exigeant justice et des fleurs déposées comme dernier mot.
Quand l’absence devient rassemblement
Le cortège a pris son départ à l’intersection de Monaco et Joseph-Daigneault, lieu précis où la vie de l’adolescent s’est arrêtée. Les proches, rejoints par des voisins, des camarades et de simples citoyens, ont marché lentement jusqu’au parc Marcel-Simard.
Parmi eux, certains portaient un chandail imprimé du sourire de Nooran, d’autres serraient des pancartes aux slogans simples et puissants : « Justice pour Nooran », « Assez de violence policière ». Ce n’était pas une manifestation bruyante, mais un rituel de mémoire.
Les voix des proches : entre douleur et appel à la
justice
Au parc, la parole s’est libérée. La sœur de Nooran a rappelé que le drame dépasse les frontières familiales :
« Ce n’est pas seulement notre tragédie, c’est celle de toute une communauté. La paix est une responsabilité. Sans justice, il n’y aura jamais de paix. »
Une camarade de classe de 16 ans, la voix tremblante, a ajouté :
« Personne ne devrait mourir ainsi, surtout pas à 15 ans. »
Pour plusieurs parents présents, amener leurs enfants déposer une fleur relevait d’un devoir de mémoire : apprendre, tôt, que l’injustice peut frapper n’importe qui.
Une contestation qui prend forme
Dans les jours suivant le drame, une pétition réclamant une enquête totalement indépendante a déjà recueilli des centaines de signatures. Elle demande des sanctions claires contre les responsables et une révision des pratiques policières.
Une autre mobilisation est annoncée devant le quartier général du SPAL pour réclamer davantage de transparence et l’installation obligatoire de caméras corporelles.
L’ombre du 21 septembre
Le jour des faits, un appel au 911 avait signalé un groupe de jeunes perçus comme menaçants, certains soi-disant armés. Mais les vérifications ont révélé que Nooran n’était pas armé. La seule arme retrouvée sur place : celle du policier qui a tiré. Un bâton de baseball a aussi été saisi.
Le Bureau des enquêtes indépendantes tente désormais de reconstruire minute par minute ce qui a mené à ce tir fatal.
La quête d’un sens dans le silence
Ce samedi, les pancartes, les regards et les larmes ont remplacé les discours officiels. La marche silencieuse n’était pas seulement un hommage : c’était aussi une dénonciation collective, un cri muet contre la répétition de tels drames.
Pour la famille Rezayi, l’essentiel est désormais clair : transformer l’indignation en justice, et la mémoire en responsabilité.
Le nom de Nooran, à seulement 15 ans, est devenu le symbole d’une ville en deuil et d’un débat qui dépasse Longueuil : comment une société protège-t-elle ses enfants, même face à ceux censés les protéger ?