L’écrivaine algérienne Jamila Rahal sera présente à Montréal lors d’une rencontre littéraire qui se tiendra le vendredi 25 septembre à 17h au Centre des ressources communautaires de Côte des Neiges – 6767, Côte des Neiges.

Les livres n’existent pleinement que lorsqu’ils quittent les mains des auteurs pour rencontrer leurs lecteurs. Alors, j’espère que mon séjour parmi vous sera l’occasion de ces échanges précieux qui prolongent l’écriture et lui donnent tout son sens. Jamila Rahal

Le parcours de Jamila Rahal se présente s’inscrit dans un long compagnonnage avec le livre dans l’édition, la littérature jeunesse et la médiation culturelle. Autant de chemins empruntés avec la conviction profonde que la littérature est avant tout un lieu de dialogue et que les livres ne se contentent pas de raconter le monde, ils participent à sa transformation.

Au cœur de la décennie noire, au milieu des années 1990, elle cofondé l’association Le Petit Lecteur. Pour certains, son engagement était décalé face à la violence qui déchirait le pays et le faisait basculer dans l’une de ses périodes les plus obscures : « nous, qui étions essentiellement des femmes et des mères, étions fermement convaincues que cultiver l’esprit critique, offrir aux enfants les armes de la pensée pour résister à l’emprise intégriste et fondamentaliste, était une urgence tout aussi vitale, une autre façon de résister ».

A présent, Jamila Rahal consacre sa retraite à l’écriture. Elle écrit en français, dans un paysage linguistique où le rapport à la langue est de plus en plus sensible. Ses romans s’inscrivent dans une veine historique et réaliste qui lui permet d’explorer le réel, tout en éclairant se angles morts et ses zones d’ombre. La place des femmes y est toujours centrale.

Dans Tu es plus libre que tes geôliers, elle remonte le fil de plus d’un demi-siècle d’histoire algérienne précédant l’insurrection du 1er Novembre 1954, une période fondatrice trop souvent méconnue, déformée ou simplifiée.

Dans Je te pardonne, elle donne la parole à une femme algérienne contemporaine, en quête de sens et de survie, aux prises avec la brutalité patriarcale, la complexité des dynamiques familiales et le traumatisme encore vif de la décennie noire.

Son fil conducteur, est selon elle, toujours le même : « traquer les zones d’ombre, interroger les silences, faire entendre les voix que l’on étouffe et rendre visible ce que les tabous effacent de notre mémoire collective ou, du moins, préfèrent laisser dans l’ombre ».