La Chine a remporté le bras de fer qui lui a été imposé par les USA sur les droits de douane, elle a gagné haut la main la bataille sur les exportations (1190 milliards de dollars d’excédent commercial en 2025) Le dernier face-à-face entre les deux superpuissances a eu lieu à Pékin, le 14 mai 2026. Là aussi on a vite vu qui est à la tête de la puissance montante et qui dirige l’Empire sur le déclin. Le match retour aura lieu à l’automne prochain, à Washington. Le président Xi Jinping y sera à quelques encablures des élections de mi-mandat pour lesquelles son homologue américain craint le pire, après tous les coups de canif portés au pacte qui le liait à ses électeurs (pas de guerre, croissance robuste, des emplois mieux rémunérés, inflation maîtrisée, etc.). Une autre mauvaise nouvelle précédera la visite de Xi.
L’entreprise chinoise Huawei le clame : Dans les 5 prochaines années elle sera en mesure de fabriquer des semi-conducteurs de pointe, taillés pour entraîner et nourrir des systèmes d’intelligence artificielle (IA). Si le chinois est au rendez-vous cela apportera la démonstration que Pékin a enjambé en un temps record les sanctions américaines qui le frappent depuis 2019, au motif que la sécurité nationale des USA est en péril.
C’est le président Joe biden, un adversaire notoire de la Chine, qui avait décrété les restrictions d’accès aux technologies pour concevoir ces puces faisant l’objet d’une compétition féroce dans le monde. L’annonce de Huawei indique que le géant chinois a pu trouver une alternative au passage obligé des équipements de lithographie extrême ultraviolet (EUV), qu’on dit incontournables pour produire en série des puces de 5 nanomètres ou moins.
Christophe Lesur, directeur de Cloud Temple, dit que ce tour de vis américain a produit l’effet inverse, en dopant les investissements chinois. «La Chine rattrape très vite son retard. En ça, ils peuvent remercier le président Trump, qui avait fait de la guerre avec la Chine l’un de ses mantras. Mais du coup, l’accès aux technologies américaines étant plus compliqué, soumis à quota ou interdit, la Chine a dû trouver des solutions et a décidé de massivement financer ses industriels. Il aura fallu deux ans pour faire ce que Nvidia a fait en plus d’une dizaine d’années. Au lieu d’avoir un client, vous avez un compétiteur».
L’essor de Huawei fera mal à l’entreprise américaine, Nvidia, le numéro 1 mondial des semi-conducteurs. Son patron, Jensen Huang, était d’ailleurs dans la délégation qui accompagnait Trump à Pékin. Il ne se doutait certainement pas que le concurrent préparait ce coup dévastateur. L’autre atout majeur de la Chine : le raffinage des terres rares, décisif dans la fabrication des nano-puces. En fonction de la tournure que prendront les relations avec Washington Pékin pourrait s’asseoir sur ses exportations pour muscler es entreprises nationales.
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Auteur: Souleymane Loum
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