La réouverture de l’ex-Souk-el-fellah a été annoncée par les responsables de la commune. Cherchell, qui est une ville côtière, souffre de son enclavement, mais aussi de sa notoriété et de son histoire d’ancienne capitale numide. Néanmoins, les déclarations tonitruantes de ses élus semblent faire fi de l’historique tumultueux de ce bien qui, jadis, était une cave coopérative vinicole coloniale.
Cependant, dès 2005, cette infrastructure fut dédiée à la substitution des locaux provenant de la récente délocalisation des étals du marché central de la ville pour être redirigés vers les 70 locaux commerciaux implantés sur le site de cet ex-Souk-el fellah, situé à proximité de l’ex-marché hebdomadaire Souk-el-Khemis. Ainsi, devenu opérationnel le mois de mars 2009, ce nouveau marché public implanté dans l’enceinte de l’ex-Souk-el-fellah fut attribué aux commerçants de l’ancien marché du centre-ville. Or, ce dernier fut très vite déserté, tant par la clientèle que par les vendeurs.
L’aménagement de cette ancienne cave coopérative a coûté, en 2005, la bagatelle de quatre milliards de centimes.
Rappelons à ce sujet que la configuration initiale de ce marché composé de magasins exigus avait été rejetée en 2008 par la wilaya, et cela a nécessité une enveloppe financière supplémentaire pour réaliser de spacieux et élégants magasins.
Malgré ces dépenses faramineuses, cette nouvelle infrastructure restera boudée. Citoyens et marchands ont préféré retourner vers l’ancien marché couvert de Cherchell. Cette situation d’inactivité qui perdure a inquiété les élus locaux, qui projetaient de réaménager le nouveau marché pour la troisième fois, en injectant une autre enveloppe financière.
L’on se demande le pourquoi de cette situation ? Les commerçants bénéficiaires de ces magasins ont présenté ce marché comme étant «enclavé et non commercial», d’une part. D’autre part, la délocalisation forcée de l’ancien marché n’a pas été du goût des commerçants qui y exerçaient.
En effet, l’opération coup-de-poing qui avait été menée sous les auspices de la daïra et de l’APC de Cherchell, ayant permis de procéder à la démolition de plusieurs dizaines d’étals de fruits et légumes implantés illicitement au sein du marché central de la ville de Cherchell, n’a été ni acceptée ni appréciée par les locataires des lieux. La raison de ce mécontentement est due au fait que le nouveau marché soit inaccessible, tant aux citoyens qu’aux véhicules de gros tonnage, tandis que l’ancien marché n’est pas enclavé et se trouve fréquenté par la quasi majorité des résidents de la ville.
L’affluence de la population s’explique du fait de la présence de plusieurs vendeurs à la sauvette qui se sont établis sur le site. Cela fut favorisé aussi par la foule de fellahs locaux qui vendent leurs fruits et légumes. Nous avons appris, par ailleurs, que l’ouverture de ce nouveau marché est l’initiative d’un investisseur privé, pour une location annuelle de 260 millions de centimes, avec un engagement de le convertir en un espace commercial de grande envergure, au cœur de cette ville touristique.
Houari Larbi

Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.