Par Mohamed Kilani
Belgique – Tunisie 5-0 (m-t 1-0)
Stade: Roi Baudoin, Bruxelles et 50 000 spectateurs
Arbitre: Tasos Sidiropoulos (Grèce).
Buts: Troussard (28’) De Ketelaere (52’), De Bruyne (65’), Lukebakio (85’), Raskin (87’).
Expulsion: Gharbi (Tunisie).
Tunisie: Chamakh, Ben Hamida (B Ouannes 65’), Rekik, Talbi, Skhiri (cap), Arous (Elloumi, 79’), Haj Mahmoud (Saad 65’), Gharbi Achouri (Ben Slimane 65’), Mastouri (Chaouat 46’), Ayari (Tounekti 46’).
A moins de dix jours de son baptême mondialiste, l’équipe de Tunisie est mise à l’épreuve face à l’un des outsiders de la Coupe du monde. La Belgique, considérée comme usine de talents et 9ème au classement Fifa, est un adversaire coriace qui dispose de pointures de premier ordre : Courtois, De Bruyne, Doku, Lukaku, Meunier, etc. Victorieux mardi de la Croatie chez elle (2-0), les Diables rouges lancent déjà un avertissement aux Aigles de Carthage.
Pour leur rivaliser, Lamouchi avait d’abord une mission d’ordre psychologique pour mettre ses joueurs dans les meilleures dispositions mentales afin de leur épargner tout complexe, toute intimidation ou quelque découragement.
La formation alignée étant très différente de celle de lundi dernier à Vienne, c’est le signe de la nécessaire recherche de la meilleure formule qui garantit l’amélioration et le résultat.
Dès la première minute, Chamakh est mis à l’épreuve par Meunierce qui lui permet de gagner en confiance. Le premier quart d’heure est entièrement à l’avantage des Belges, imposant son métier et sa percussion. De Bruyne est même à deux doigts d’ouvrir le score (9’, 13’) après une occasion tunisienne que Rekik ne put cadrer (7’).
La pause-fraîcheur offre un certain répit aux Tunisiens, physiquement en deça de l’adversaire. Et c’est qui sonne la première alerte avant l’ouverture du score par Troussard suite à une distraction quelque peu naïve de la défense (28’). Le match devient très éprouvant, et c’est Chamakh qui s’oppose à De Bruyne, avant de subir une occasion dans la foulée (32’).
Maitres du terrain, les Diables rouges utilisent tous leurs atouts tant individuels ou collectifs pour déployer leur machine offensive. Lamouchi ressent une certaine impuissance et doit s’interroger s’il a aligné la meilleure formation pour contre un adversaire aussi coriace dont l’ambition pour le Mondial est évidente. L’absence de Mejbri et Ben Slimane est même ressentie, d’autant que ces deux joueurs ont le profil du récupérateur-relanceur.
Le score, jusque-là acceptable, ne semble pas empêcher quelques initiatives quoique timides en raison du souci défensif des latéraux. Un premier objectif semble même inavoué : éviter un second but avant la mi-temps. C’est le sociétaire de Manchester City, Doku, qui ne cesse pas de donner du fil à retordre à la défense par sa force de percussion avec un caviar offert à Onana, non exploité (45’+3). En face Khalil Ayari essaie de l’imiter mais sans avoir le même atout explosif.
La reprise apporte des corrections : la rentrée de Chaouat et Tounekti ne résolvent pas les problèmes de l’équipe toujours dominée territorialement.
Les Belges renouvellent leur pression, se créant une action annihilée par Ben Hamlda (48’). Et la pression ne tarde pas à alourdir la note par De’ Katelaere bien démarqué et inspiré (52’). C’est alors que l’amour propre des Tunisiens qui s’offrent deux occasions franches de but, la première arrêtée par Courtois, la seconde butant sur le montant sur le tir de Achouri (56’,58’). Doku réagit à son tour pour démarrer à tous les coups et créer la panique pour Chamakh. Ce dernier parvient à s’illustrer sur une autre occasion nette comme pour justifier sa nouvelle titularisation (64’). Mais une minute plus tard, il s’avoue battue devant De Bruyne enfin efficace grâce à son métier et à la passivité de la défense.
L’expulsion de Gharbi pour cumul de cartons illustre la fébrilité du joueur et complique la situation de l’équipe.
La rentrée de Lukaku ajoute aux difficultés des Tunisiens tant le joueur a toujours un appétit insatiable. Mais c’est Lukébakio qui trouve la faille sur un énorme cafouillage de la défense, mal concentrée. La récidive se produit deux minutes plus tard, Raskin parvenant à enfoncer l’équipe et son staff dans la déprime (87’).
Ce test belge est donc fort instructif, en dépit de son résultat très décourageant. Il servira aux joueurs et à Lamouchi d’opérer les correctifs nécessaires et d’œuvrer davantage sur tous les plans et dans tous les compartiments. A l’évidence, la formation-type n’est pas encore évidente, et c’est là la principale inconnue et la crainte majeure du sélectionneur.
Au sein d’un groupe très relevé, l’équipe de Tunisie ne présente pas les garanties d’une participation satisfaisante
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