Faute de CBF 2020, il est qua­siment impossible de dresser un état des lieux de la mise en œuvre des recommanda­tions formulées depuis 2009. Toutefois, le bilan de la mise en œuvre desdites recom­mandations est décevant. Dix ans après, l’exécution de 150 recommandations sur un total de 200 adoptées, cache une inquiétante réalité. 90 recom­mandations ont « abouti à des réformes déterminantes », expliquait le Premier mi­nistre en 2019. Mais, d’après Moïse Ekedi Endene, secré­taire permanent du CBF et représentant de l’IFC, filiale de la Banque mondiale, « seu­lement 70 réformes abouties sont éligibles aux critères du Doing business ». Pire, 20 seulement de ces réformes ont été reconnues sur le plan international, soit 30% des 90 réformes sensées avoir abou­ties.

Par ailleurs, explique le se­crétaire permanent du CBF, sur les 28 recommandations adoptées en 2018, à peine 5 ont connu une évolution satis­faisante. Il s’agit de l’exécu­tion de 200 normes nationales issues des normes internatio­nales et régionales, la reca­pitalisation de la Banque des PME, l’accélération du paie­ment de la dette intérieure pour un montant cumulé de 40 milliards de FCFA… En sus, 15 recommandations ont été exécutées ou sont en cours de finalisation, 4 sont en cours d’exécution et 4 ont été pure­ment et simplement ignorées du fait de l’indisponibilité des ressources. Soit un taux d’exécution globale de 64% des réformes de 2018.

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Absence de rigueur

Plusieurs freins sont à l’ori­gine de cette contre-perfor­mance. Moise Ekedi Endene énumère : absence de rigueur suffisante, lenteur dans le pro­cessus de prise de décision, bureaucratie excessive dans le traitement des dossiers, mauvaise appropriation des réformes par les administra­tions, problèmes de gouver­nance, etc. Plusieurs actions restent d’ailleurs non-enga­gées, d’après le secrétaire permanent du CBF. Il s’agit de l’extension de l’applica­tion mybusiness.cm dans trois capitales régionales que Bafoussam, Bamenda et Ebolowa ; la mise en place du dispositif « Scada » par Energy of Cameroon (Eneo), l’introduction du paiement en espèces comme modalité de règlement des impôts et taxes auprès des guichets de banque ; la création des tribunaux de commerce.

D’autres, nécessitent « une ac­célération de mise en œuvre, l’information du processus de délivrance des registres de commerce et du crédit mobilier, l’introduction des engagements décidables des maîtres d’ouvrage dans les constructions, l’opérationna­lisation d’un point de contrôle unique des marchandises à la sortie du port autonome de Douala, la révision de la loi sur les établissements clas­sés ». Egalement attendus, la désignation des responsables de la Caisse de dépôts et de consignation, la loi sur le capital-risque, la révision du régime foncier, l’archivage électronique des livres fon­ciers des villes de Douala et Yaoundé, et l’élaboration des codes de la construction.

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Auteur: EcoMatin
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