Dans ce petit village de Madegoua, à 9 km seulement de Makary, dans le Logone-et-Chari, on pensait la nuit paisible. À 2h du matin, dans la nuit du mercredi à ce jeudi 17 septembre, la mort est arrivée à moto. Des hommes armés, que tout le monde là-bas appelle Boko Haram, ont encerclé le village. Ils ont tiré. Sans distinction. Femmes, hommes, vieillards, d’après des témoignages.
Ce matin, le sable de Madegoua est rouge. 13 corps gisent au sol. 13 vies arrachées. Des familles entières décimées. Des enfants qui se réveillent orphelins. Et comme si la douleur ne suffisait pas, ces populations meurent déjà à petit feu. La pluie n’est pas venue cette année. Les champs sont secs. Le mil ne pousse plus. Les bêtes peuvent crever de soif.
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À Madegoua, on ne sait plus de quoi on va mourir : de faim, de soif, ou d’une balle à 2h du matin. Le Logone-et-Chari est à genoux. Les corps des 13 victimes ont été inhumes ce 17 septembre.
Auteur: Arnaud Nicolas MAWEL
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