Enseignement : Ibn Zohr renforce son maillage territorialEnseignement : Ibn Zohr renforce son maillage territorial

Déploiement.
L’Université franchit un cap majeur avec la création de vingt nouveaux établissements approuvée par le gouvernement. Son réseau atteindra 39 structures couvrant les régions du grand Sud. Certains établissements entreront en activité dès la prochaine rentrée universitaire.


L’Université Ibn Zohr change de dimension. Avec la création de vingt nouveaux établissements approuvés par le gouvernement, elle portera son réseau à 39 structures couvrant les régions du Sud du Royaume. Un saut quantitatif et qualitatif sans précédent dans l’histoire de cette institution qui, au cours des quatre années précédentes, n’avait créé qu’un seul établissement.
Ce n’est pas une expansion administrative. C’est un changement de modèle. L’université dirigée par le professeur Nabil Hmina passe d’une logique d’expansion limitée à celle d’un réseau universitaire intégré, maillant un territoire immense qui va de Souss-Massa aux provinces du Sud. Certains de ces établissements entreront en activité dès la prochaine rentrée universitaire. La concrétisation est donc imminente, pas simplement annoncée.
Le contenu de cette expansion mérite attention. Trois écoles d’ingénieurs de nouvelle génération seront implantées à Laayoune, Dakhla et Aït Melloul. Ce choix n’est pas anodin. Il répond à la demande croissante en compétences techniques dans des régions en pleine mutation industrielle et économique. A cela s’ajoutent un Institut des métiers du sport – en cohérence avec le poids croissant du secteur sportif, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030 – et une Faculté de médecine dentaire à Agadir, dont l’absence se faisait cruellement sentir dans une région de plusieurs millions d’habitants.
Ce déploiement s’accompagnera de moyens. La création de quelque 200 postes budgétaires est attendue, ainsi qu’un budget conséquent pour permettre à ces nouvelles structures de fonctionner dans des conditions dignes. Car c’est là que se joue souvent la différence entre un projet qui tient ses promesses et une coquille vide : les ressources humaines et financières mobilisées pour le faire vivre. Sur le fond, cette transformation répond à plusieurs urgences. La première est celle de la saturation. L’Université Ibn Zohr, avec ses établissements historiques d’Agadir, accueille des cohortes d’étudiants dans des conditions parfois difficiles. La création de nouveaux pôles permettra de déconcentrer les flux et d’améliorer les conditions d’enseignement et d’encadrement.
La deuxième urgence est territoriale. De nombreux jeunes des provinces du Sud étaient contraints de rejoindre Agadir ou d’autres grandes villes pour accéder à l’enseignement supérieur, avec les coûts et les ruptures que cela implique. La proximité universitaire est une question d’équité sociale autant que d’efficacité académique. La troisième urgence est économique. Les territoires du Sud sont en pleine transformation. Mines, pêche, agriculture, tourisme, énergies renouvelables, logistique: ces secteurs ont besoin de compétences formées localement, capables de s’insérer rapidement dans le tissu productif régional. Former un ingénieur à Dakhla pour qu’il travaille à Dakhla, c’est un modèle plus efficace que de le former à Rabat ou Casablanca pour espérer le voir revenir. Ce projet est aussi le reflet d’une volonté politique.
La création de vingt établissements en une seule vague suppose une mobilisation institutionnelle forte, une coordination entre le ministère de tutelle, l’université et les autorités territoriales. Elle suppose également une vision de long terme sur ce que l’on veut faire du Sud marocain : un territoire qui produit ses propres élites, forme ses propres cadres et ne dépend plus uniquement des transferts de compétences depuis les grandes métropoles du Nord. Ibn Zohr a toujours été l’université du grand Sud. Ce qu’elle fait aujourd’hui, c’est se donner les moyens de l’être pleinement.
Trente-neuf établissements, des formations en phase avec les réalités économiques du territoire, une présence renforcée de Souss-Massa aux provinces du Sud : l’institution confirme sa vocation et franchit un cap dans sa capacité à servir les étudiants et les territoires qui lui font confiance.

Auteur: Malika ALAMI
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.