Entreprises publiques du Cameroun :Diagnostic préoccupant des disfonctionnementsEntreprises publiques du Cameroun :Diagnostic préoccupant des disfonctionnements

Le 2 juillet 2026, dans la salle de commission de l’Assemblée nationale, les responsables de la Chambre des comptes de la Cour suprême, face aux membres de la Commission des Finances et du Budget, ont pleinement rempli leur mission de contrôle en mettant en lumière les contre-performances.

Présidée par Rosette Julienne Moutymbo, présidente de la Commission des Finances et du Budget, cette rencontre, à laquelle prenait également part Yap Abdou, président de la Chambre des comptes, avait pour objectif de renforcer la coopération entre les deux institutions afin d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques. Au-delà des déclarations de principe, les échanges ont surtout mis en lumière l’ampleur des dysfonctionnements qui continuent de fragiliser le secteur public marchand.Il a été dressé un diagnostic préoccupant de plusieurs entreprises publiques, en s’appuyant notamment sur le cas de la Compagnie camerounaise d’aluminium (ALUCAM). Pour cette entreprise, l’ exposé a mis en évidence une faible rentabilité des investissements, l’absence de dividendes reversés à l’État, une dépendance persistante aux subventions publiques, des insuffisances du contrôle interne ainsi que des faiblesses structurelles de gouvernance.Le constat est tout aussi préoccupant pour Camair-Co. Malgré une progression de son chiffre d’affaires et une réduction de son déficit, la compagnie aérienne nationale a enregistré une perte nette de 4,65 milliards de Fcfa au terme de l’exercice 2025. Son fonctionnement demeure largement soutenu par les ressources de l’État. Cette réalité pose une question fondamentale : jusqu’à quand les finances publiques pourront-elles continuer à financer des entreprises qui peinent, année après année, à atteindre l’équilibre financier ?Le diagnostic présenté devant les députés dépasse largement le cas de quelques entreprises. Il perm de voir les limites d’un système où les audits identifient les mêmes insuffisances sans que les réformes attendues produisent des effets durables. Si la Chambre des comptes remplit pleinement sa mission de contrôle en mettant en lumière les contre-performances, force est de constater que les recommandations formulées au fil des années restent insuffisamment suivies d’effets. Les déficits persistent, les mécanismes de contrôle demeurent perfectibles et les subventions publiques continuent de compenser des faiblesses de gestion qui auraient dû être corrigées depuis longtemps.Ce mirroir nourrit un cercle vicieux dans lequel les contribuables financent continuellement les pertes d’entreprises publiques sans garantie d’un véritable redressement. Pendant que les déficits s’accumulent, les besoins en infrastructures, en santé, en éducation ou en développement économique restent considérables. La question de l’efficacité de la dépense publique devient ainsi centrale.

Les échanges du 2 juillet 2026 doivent désormais déboucher sur des décisions fortes. Les audits de la Chambre des comptes ne peuvent plus rester de simples exercices de diagnostic ; ils doivent entraîner des plans d’action contraignants, assortis d’échéances précises et d’une évaluation régulière de leur mise en œuvre. Toute subvention publique devrait être conditionnée à des contrats de performance comportant des objectifs quantifiables et des mécanismes de sanction en cas de non-respect.Au-delà de la recapitalisation des entreprises jugées viables, une réforme profonde de leur gouvernance s’impose.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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