États-Unis–Iran : Abdallah Abidi revient sur les enjeux de l’accord et du détroit d’Ormuz [Vidéo]États-Unis–Iran : Abdallah Abidi revient sur les enjeux de l’accord et du détroit d’Ormuz [Vidéo]
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Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, ce mercredi 17 juin 2026, l’ancien diplomate Abdallah Abidi a estimé que l’Iran sort gagnant de la guerre, tandis que le président américain Donald Trump se trouve actuellement dans une situation politique délicate.

Selon lui, cette pression s’explique notamment par l’approche des échéances électorales aux États-Unis. Donald Trump chercherait, d’après son analyse, à gagner ces élections par tous les moyens, de crainte de voir son parti perdre les prochains scrutins. Il viserait également à préparer l’arrivée de JD Vance à la présidence.

L’Iran cherche la levée des sanctions

Abdallah Abidi a indiqué que l’Iran cherche, à travers cet accord, à obtenir en priorité la levée des sanctions qui le visent, notamment celles liées à ses avoirs gelés.

Il a ajouté que Téhéran souhaite également garantir que cet accord ne soit pas violé par les États-Unis ou par Israël, rappelant que, selon lui, Israël avait déjà enfreint un précédent cessez-le-feu en lançant des frappes contre l’Iran.

Des conditions iraniennes qui donnent une dimension exceptionnelle à l’accord

L’ancien diplomate a souligné que les conditions posées par l’Iran, notamment l’arrêt de la guerre contre le Liban et l’intégration du dossier yéménite, donnent à cet accord une dimension exceptionnelle.

Selon lui, Téhéran a voulu montrer que le dossier ne concerne pas uniquement l’Iran, mais qu’il s’inscrit dans un système régional plus large.

Abdallah Abidi a également estimé que le monde, et en particulier le monde occidental, aurait reconnu l’échec des États-Unis dans leur guerre contre Téhéran. Il a expliqué que Washington a longtemps négocié, temporisé et eu recours à des médiateurs, ce qui ne correspond pas, selon lui, à ses habitudes diplomatiques et militaires.

Il a ajouté que plusieurs pays s’attendaient à ce que les États-Unis disposent des moyens nécessaires pour imposer leur volonté, ce qui ne s’est pas produit.

Une connaissance approfondie des systèmes américain et israélien

Abdallah Abidi a rappelé que l’Iran, à l’époque du Shah, était l’un des principaux alliés d’Israël et des États-Unis.

Il a expliqué que de nombreux cadres militaires, sécuritaires et économiques iraniens avaient été formés à cette période et n’avaient pas quitté le pays après le changement de régime. Cette continuité aurait permis à l’Iran d’acquérir une connaissance approfondie du fonctionnement des systèmes américain et israélien.

Selon lui, cette expérience a permis à Téhéran d’agir efficacement face à ses adversaires.

Washington aurait été entraîné dans une guerre plus longue que prévu

L’ancien diplomate a également estimé que les États-Unis travaillent aujourd’hui sur l’hypothèse selon laquelle Israël les aurait entraînés dans cette guerre.

D’après son analyse, l’idée initiale aurait été que l’opération ne dure que quatre jours, le temps de provoquer un changement de régime en Iran. Or, le conflit s’est prolongé et aurait coûté cher à Washington, notamment en matière de stocks d’armes et de pertes liées à certains contrats.

Abdallah Abidi considère que cette situation a contribué à l’échec américain dans cette guerre.

« Le monde a reconnu la victoire de l’Iran »

Selon Abdallah Abidi, le monde a fini par reconnaître la victoire de l’Iran, dans la mesure où Téhéran serait désormais en position de poser ses conditions.

Il a affirmé que les États-Unis cherchent aujourd’hui des médiateurs, comme le Pakistan, pour négocier avec l’Iran.

L’ancien diplomate a ajouté que Téhéran a imposé son agenda et transformé la première version de la note d’entente, qui comprenait 14 points américains, en un texte intégrant 14 points iraniens, devenant ainsi, selon lui, une forme d’exigence iranienne adressée à Washington.

Reconstruction, avoirs gelés et dossier libanais

Évoquant la question de la reconstruction, Abdallah Abidi a estimé qu’elle passe avant tout par la levée du gel sur les avoirs iraniens, ainsi que par l’indemnisation des pertes subies.

Il a également évoqué le retrait des territoires libanais, soulignant que le dossier du Liban est devenu l’un des points de négociation.

Il a ajouté que les pays du Golfe, en particulier les Émirats arabes unis, cherchent désormais à négocier avec l’Iran en vue de parvenir à un accord.

Le détroit d’Ormuz pourrait devenir un passage « interne »

Concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, Abdallah Abidi a estimé que ce passage pourrait devenir, dans les faits, un détroit à caractère interne.

Il a expliqué que la distance entre l’Iran et Oman est d’environ 50 kilomètres, ce qui rend difficile, selon lui, de considérer cette zone comme des eaux internationales. Il a estimé qu’il s’agirait plutôt d’eaux territoriales, où le passage pourrait devenir payant, à condition que les navires qui empruntent le détroit ne disposent pas de capacités hostiles.

Il a comparé cette évolution potentielle au fonctionnement du canal de Suez ou du canal de Panama.

Les sanctions et les nouveaux équilibres régionaux

S’agissant des sanctions, Abdallah Abidi a estimé que si l’Iran est considéré comme vainqueur de la guerre, ces sanctions ne produiront pas les effets escomptés.

Il a également indiqué que le blocus terrestre imposé par les États-Unis à l’Iran s’est révélé inefficace.

Selon lui, cette guerre ne se limite pas à un face-à-face entre Washington et Téhéran. Elle implique aussi, en arrière-plan, la Chine, grand bénéficiaire des ressources pétrolières et gazières de la région, ainsi que la Russie.

L’ancien diplomate a enfin souligné que la pression exercée actuellement sur les États-Unis concerne essentiellement la manière de protéger Israël, d’autant plus que les pays du Golfe auraient changé de stratégie après avoir constaté qu’ils n’étaient pas réellement protégés par Washington.

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Auteur: Yassine Atoui
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