Face aux inquiétudes croissantes concernant la sécurité énergétique et le risque de perturbations de l’approvisionnement, la Commission européenne (CE) envisage d’assouplir la réglementation sur les émissions de méthane provenant du pétrole et du gaz importés.
En effet, la réglementation européenne sur le méthane, adoptée fin 2024, impose des exigences strictes au secteur de l’énergie en matière de détection, de surveillance et de limitation des fuites, émissions et torchages de méthane lors de l’extraction de pétrole et de gaz.
Des oppositions aux réglementations européennes
À partir de 2027, les importateurs de pétrole et de gaz au sein de l’UE devront également se conformer à des obligations similaires de surveillance, de déclaration et de vérification des émissions pour les approvisionnements provenant de pays tiers, sous peine de sanctions.
Cependant, selon un projet de recommandation actuellement examiné par la Commission européenne, l’UE pourrait suspendre temporairement l’application des sanctions pour les infractions commises entre 2027 et 2029. L’objectif affiché est de protéger les consommateurs et les entreprises européennes.
Cette décision intervient dans un contexte d’opposition aux réglementations européennes sur le méthane de la part de l’industrie des combustibles fossiles et des États-Unis. Washington soutient que ces nouvelles exigences pourraient réduire l’attractivité du marché européen pour les fournisseurs internationaux et entraîner un déplacement des flux énergétiques vers d’autres marchés.
Pour une réduction des émissions de GES
Les organisations représentant les industries gazières européennes et américaines font également valoir que la réglementation actuelle comporte de nombreuses ambiguïtés concernant les méthodes de mesure, de surveillance et de vérification des émissions.
Dans une lettre adressée à la Commission européenne le 11 juin, une vingtaine d’organisations du secteur des hydrocarbures ont demandé un report de l’application de cette réglementation, arguant qu’une suspension temporaire des sanctions est insuffisante pour remédier aux difficultés techniques rencontrées par les entreprises.
Parallèlement, des organisations environnementales ont exprimé leurs inquiétudes quant à un éventuel assouplissement de la réglementation. Une trentaine d’ONG ont adressé une lettre commune à la Commission européenne, arguant que la suspension ou le report des sanctions compromettrait les incitations au respect des normes et nuirait aux objectifs de réduction des émissions de méthane de l’UE.
Le méthane, capable de retenir la chaleur environ 80 fois plus vite que le CO₂ au cours des 20 premières années suivant son émission, est considéré comme l’un des gaz à effet de serre ayant le plus fort impact sur le réchauffement climatique.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la réduction des fuites et l’arrêt des opérations de fusion de routine constituent l’une des mesures les plus rapides et les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en contribuant à la récupération d’environ 200 milliards de mètres cubes de gaz par an dans le monde.
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Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
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