Festival de Fès de la culture soufie : La poésie mystique au cœur de la 18ème éditionFestival de Fès de la culture soufie : La poésie mystique au cœur de la 18ème édition

Rencontre entre les cultures
Du 17 au 24 octobre, la 18ème édition du Festival de Fès de la culture soufie et des sagesses du monde invite à un voyage au cœur de la poésie mystique. Placée sous le thème «La poésie mystique, élixir de guérison», cette nouvelle édition réunira traditions soufies marocaines, expressions spirituelles internationales, rencontres et réflexions autour de la dimension thérapeutique de la poésie.

Fès s’apprête à renouer avec les voix de la spiritualité et les grandes traditions mystiques. La 18ème édition du Festival de Fès de la culture soufie et des sagesses du monde se tiendra du 17 au 24 octobre, autour d’une thématique qui place la poésie au cœur d’une quête intérieure : «La poésie mystique, élixir de guérison». À travers cette nouvelle édition, l’association éponyme propose d’explorer les liens profonds entre mystique et poésie. La première « ouvre l’âme au silence profond où se réparent les blessures invisibles», tandis que la seconde «met des mots sur l’indicible ». Deux voies qui se rejoignent ainsi dans une même recherche de sens, d’apaisement et de transformation intérieure.

Les traditions soufies en dialogue
Au-delà de ces dimensions quelque peu élitistes, ce rendez-vous culturel a l’ambition de faire découvrir ou redécouvrir aux Marocains une culture qui est la leur et leur offrir l’accès à cette richesse artistique, intellectuelle et spirituelle. L’association propose de ce fait une programmation diversifiée et accessible alliant concerts spirituels, conférences, tables rondes, ateliers, expositions, projection de films, et rassemble des artistes, penseurs et chercheurs venus du Maroc et d’ailleurs. Le coup d’envoi sera donné à l’Ecole des métiers d’art Shems’y avec une conférence inaugurale, avant un concert le soir même à Bab El Makina consacré aux «Chants et Hadra arabo-andalous d’El-Harraq : Chemins de l’amour spirituel», porté par la zawiya Harraqiya avec la participation de la diva Samira Kadiri. La programmation investira plusieurs lieux emblématiques de la ville, notamment le jardin Jnan Sbil, Bab El Makina, le Centre les Etoiles, le Souk Semmarine, l’Ecole des métiers d’art Shems’y et le Riad Shéhérazade.
Elle prévoit également des ateliers de «Dhikr» et de méditation, des rencontres autour des grands textes sacrés et de la relation entre poésie et guérison, ainsi que des propositions artistiques originales. Parmi celles-ci figurent un concert-récital «Bach et Rumi», une création inspirée des chants mystiques d’Hildegard von Bingen, un concert de chant dhrupad de l’Inde du Nord avec Wasifuddin Dagar, ainsi que des créations associant poésie, musique et traditions spirituelles. Le cinéma et les arts plastiques auront également leur place avec la projection des «Constructeurs de l’Alhambra» d’Isabel Fernandes et les expositions «Traversée intemporelle» d’Odile Guinand et «Le jardin des merveilles» de Marie Pourchot.
La programmation fera notamment dialoguer plusieurs grandes traditions soufies marocaines. Les confréries Boutchichiya, Charqawiya, Ouazzaniya, Rissouniya et Sqalliya seront présentes aux côtés de chants spirituels portés par des artistes venus d’autres horizons, notamment l’Ivoirien Daoud Konaté et l’Albanais Enris Qinami. Le festival accueillera également le chant soufi pakistanais de Shuaïb Aftab Qawwal, dans le cadre d’un hommage à Mohammed Iqbal, figure majeure de la poésie et de la pensée spirituelle. Une diversité d’expressions qui illustre la volonté de la manifestation de faire de Fès «un espace de dialogue entre les traditions mystiques du Maroc et celles d’autres cultures».

La poésie, entre spiritualité et guérison
Pour sa dernière journée, samedi 24 octobre, le Riad Shéhérazade accueillera une table ronde consacrée à « Poésie et guérison, la voie thérapeutique de Sami-Ali ». Une rencontre qui permettra d’interroger la capacité de la poésie à accompagner les chemins de l’intériorité et de la guérison. Le festival prendra ensuite fin à Bab El Makina avec une soirée de clôture intitulée «Ivresses». Cette ultime rencontre réunira le samaa arabo-andalou et les Derviches d’Alep, avec Wasim Arslan, Anas Al Attar et Noureddine Tahiri. À travers cette programmation, le Festival de Fès de la culture soufie et des sagesses du monde entend une nouvelle fois faire de la cité spirituelle un lieu de rencontre entre les cultures, les traditions et les sensibilités, en plaçant la poésie mystique au cœur d’un dialogue universel autour de la quête intérieure et de la guérison.

Auteur: ALM
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