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Une étude consacrée au secteur tunisien des technologies de l’information établit que la circulation de l’information pèse plus lourd que la rémunération dans la décision de rester ou de partir. À l’heure où l’engagement salarié recule partout dans le monde, ce constat rebat les cartes du management des talents.
20%. C’est le taux d’engagement des salariés à l’échelle mondiale en 2025, son niveau le plus bas depuis 2020, selon le dernier rapport Gallup sur l’état du monde du travail. Cette désaffection coûterait 10 000 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, soit environ % du produit intérieur brut planétaire.
Dans ce climat de désengagement généralisé, la Tunisie n’échappe pas à la règle, et son secteur des technologies de l’information et de la communication, qui emploie plus de 30 000 jeunes actifs au sein d’environ 1 800 entreprises et contribue à près de 9% du PIB national, en constitue un terrain d’observation particulièrement révélateur.
Une recherche scientifique intitulée « Job Dissatisfaction and Turnover Crises in Tunisia » s’est penchée sur ce terrain pour mesurer, chiffres à l’appui, ce qui pousse réellement un salarié tunisien du secteur TIC à envisager son départ.
Une satisfaction à dimensions multiples
L’étude identifie dix dimensions structurantes du bien-être professionnel : la rémunération, les relations entre collègues, les perspectives de promotion, les conditions de travail, la formation, la circulation de l’information, la relation avec le supérieur hiérarchique, la sécurité de l’emploi, la nature du travail et l’attachement au métier.
Cette architecture multidimensionnelle contredit une idée reçue tenace dans le débat économique tunisien. Le marché salarial du secteur informatique s’est pourtant nettement tendu ces derniers mois, avec des ingénieurs logiciels tunisiens rémunérés entre 3 500 et 7 000 dinars par mois, soit jusqu’à dix fois le salaire minimum, sous l’effet d’une demande soutenue des entreprises françaises et européennes en quête de compétences francophones à coût compétitif.
Or, malgré cette progression salariale, le turnover demeure élevé dans une large partie du secteur, preuve empirique que l’attractivité financière ne suffit pas à elle seule à retenir les équipes. Les travaux internationaux de Gallup convergent d’ailleurs vers ce constat, en montrant que les équipes les plus engagées affichent une rentabilité supérieure de 23% et une productivité supérieure de 18% à celles des équipes les moins engagées, des écarts que la seule politique salariale ne peut produire.
L’information comme actif stratégique du management
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Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
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