INONDATIONS EN  AFRIQUE  : De la nécessité de trouver des solutions durablesINONDATIONS EN AFRIQUE  : De la nécessité de trouver des solutions durables

Le phénomène est tellement récurrent que la nécessité de trouver des solutions durables, est devenue un impératif. Il s’agit des inondations qui font parler d’elles chaque année. Et elles sont devenues une cause d’insomnie pour de nombreuses populations africaines qui vivent dans la hantise de se retrouver sinistrées du jour au lendemain, à l’approche de la saison des pluies. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fléau climatique est devenu très redoutable ces dernières années. D’autant plus qu’à la faveur du changement climatique, les pluies diluviennes se sont intensifiées sur le continent noir où d’Est en Ouest et du Sahel à l’Afrique du Sud en passant entre autres, par l’Afrique centrale et la région des Grands Lacs ; aucune zone n’est épargnée.

 

La gravité de la situation nécessite une approche proactive des gouvernements

 

Et les conséquences sont d’autant plus désastreuses qu’au-delà des dégâts matériels qui se comptent aussi bien en termes de destruction d’infrastructures, de dévastation de terres agricoles et de perte de bétails, ces catastrophes naturelles sont souvent à l’origine de milliers de pertes en vies humaines et de millions de déplacés. Cette année, la Côte d’Ivoire a déjà connu ses premières inondations, notamment à Bingerville où l’Etat a dû prendre des mesures d’urgence pour faire face à la situation. Dans ce sens, des instructions ont été données par le chef du gouvernement ivoirien pour l’achèvement, dans les plus brefs délais, des travaux de réalisation d’un canal de drainage des eaux, le curage des caniveaux, collecteurs et autres exutoires situés en amont et en aval de la zone concernée.  Une situation qui interpelle d’autant plus que la Côte d’Ivoire est loin d’être le seul pays concerné par ces précipitations exceptionnellement fortes qui ont frappé, à en croire certaines sources, plus d’une vingtaine de pays ces dernières années en Afrique, entraînant des inondations de grandes ampleurs. On se rappelle encore les fortes précipitations de 2024 et 2025 en République démocratique du Congo, au Nigeria, en Guinée, au Cameroun, au Mali, au Tchad et au Niger, pour ne citer que ces pays-là, où des enfants n’ont pu aller par-endroits à l’école en raison des inondations, quand leurs centres d’apprentissage n’étaient pas transformés en abris temporaires ou de fortune pour personnes sinistrées. C’est dire la gravité de la situation qui nécessite une approche proactive des gouvernements. Et ce, à travers la mise en place de plans d’actions anticipatoires, le renforcement des infrastructures de drainage et de protection contre les crues, la sensibilisation des populations, la prise de mesures de prévention visant à atténuer les effets des inondations et à protéger les populations vulnérables. Toujours est-il qu’entre incivisme des populations et manquements coupables des pouvoirs publics à leurs devoirs régaliens, on peut dire que les responsabilités sont partagées. Et à côté des populations qui ont fait de l’occupation anarchique de l’espace public, leur sport favori, il y a ceux qui prennent les caniveaux de drainage des eaux de pluies pour des décharges publiques d’ordures ménagères, quand certains n’érigent pas tout simplement des commerces sur les dalles des caniveaux, rendant leur accès difficile en cas d’urgence.

 

Les défis liés aux inondations meurtrières, risquent d’être plus grands

 

Pendant ce temps, d’autres choisissent délibérément de s’installer dans des zones inondables au mépris de la règlementation en vigueur et malgré les risques encourus. Et ce, au grand dam de l’autorité publique qui est amenée à faire preuve de fermeté et surtout d’anticipation, mais qui n’est pas toujours à la hauteur de ses responsabilités. C’est pourquoi, au-delà de l’émotion, il convient d’apprécier à leur juste valeur, les solutions structurelles envisagées par les autorités d’Abidjan, pour juguler le problème dans la capitale économique. A côté de cela, un pays comme le Bénin qui a su faire preuve de résilience en développant des initiatives et des stratégies visant à atténuer l’impact des inondations sur les populations, reste aussi un exemple à suivre dans la sous-région ouest-africaine. Au-delà, il importe, pour les gouvernements, d’adopter des politiques d’urbanisation qui s’accompagnent, en amont, de mesures hardies concernant les quartiers précaires dont la reconstruction suivant les normes en la matière, s’impose comme une impérieuse nécessité. En tout état de cause, avec le dérèglement climatique et la violence des phénomènes naturels qui l’accompagnent souvent, l’Afrique doit se tenir d’autant plus prête que les défis liés aux inondations meurtrières risquent d’être chaque année, encore plus grands. Surtout avec des prévisions météorologiques qui annoncent toujours des précipitations moyennes à excédentaires dans de nombreuses régions du continent noir.

 

« Le Pays »

 

Auteur: Editions LEPAYS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.