Porté par l’armement national Gulfcam, l’impact économique attendu du cabotage dépasse largement le seul secteur maritime.
Depuis plusieurs semaines, un cargo polyvalent demeure immobilisé au large du port de Kribi. Pourtant, derrière cette attente silencieuse se joue peut-être l’un des projets logistiques les plus structurants pour l’économie camerounaise : le développement d’un service national de cabotage maritime entre Kribi et Douala. Porté par l’armement national Gulfcam, le Cameroun tente de remettre le transport maritime côtier au cœur de sa stratégie économique. Le principe est simple : acheminer par mer les conteneurs entre les deux principaux ports du pays grâce à des rotations régulières. Une solution qui pourrait désengorger les routes, réduire les coûts logistiques et accélérer les échanges commerciaux. Aujourd’hui, l’essentiel des marchandises débarquées à Kribi à destination de Douala transite encore par camion. Cette dépendance au transport routier augmente les délais, expose les cargaisons aux accidents et alourdit les charges des opérateurs économiques.
Le cabotage apparaît ainsi comme une alternative crédible. Un navire peut transporter en une seule rotation plusieurs dizaines de conteneurs, avec un coût énergétique inférieur au transport terrestre. Dans un contexte où le port de Kribi ambitionne de devenir un hub sous-régional, la connexion maritime avec Douala devient stratégique pour fluidifier les flux et renforcer la compétitivité portuaire du Cameroun.L’impact économique attendu dépasse largement le seul secteur maritime. La mise en service régulière du Cargo pourrait générer des emplois directs dans la manutention portuaire, la consignation maritime, la maintenance navale ou encore la logistique. À cela s’ajoutent les emplois indirects liés aux activités de transit, d’entreposage et de distribution. Chaque rotation maritime supplémentaire crée une chaîne de valeur impliquant administrations portuaires, transporteurs, entreprises industrielles et collectivités locales.
Potentiel fiscal considérable.
Taxes portuaires, droits de quai, prestations logistiques et impôts divers pourraient alimenter durablement les recettes publiques. L’État, les ports autonomes et les collectivités territoriales auraient ainsi intérêt à soutenir cette activité, plutôt qu’à laisser le navire immobilisé en rade.Contrairement à certaines critiques, le projet ne vise pas à concurrencer les grandes compagnies maritimes internationales. Il cherche plutôt à compléter leur offre en assurant le transport de proximité entre ports camerounais. Les grandes lignes maritimes privilégient les longues distances et les volumes massifs. Le cabotage local vient combler le maillon manquant de la redistribution nationale des marchandises.Les discussions engagées avec les opérateurs internationaux et l’encadrement du ministère des Transports montrent que le dossier avance encore malgré les lenteurs. Mais le temps administratif peut devenir un coût économique. Chaque semaine d’immobilisation retarde des investissements, des emplois et des recettes attendues.À travers le cabotage maritime, le Cameroun dispose pourtant d’un outil concret pour transformer son potentiel maritime en croissance mesurable. Encore faut-il que les arbitrages institutionnels suivent le rythme des ambitions économiques.
Léon Mgba
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Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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