La star de Pink Floyd accuse le « lobby israélien » et défend les artistes réduits au silence sur GazaLa star de Pink Floyd accuse le « lobby israélien » et défend les artistes réduits au silence sur Gaza

À 82 ans, le cofondateur de Pink Floyd n’a rien perdu de sa combativité. Dans un long entretien accordé le 17 juillet 2026 à l’animateur américain Tucker Carlson, Roger Waters revient sur ce qu’il décrit comme une entreprise méthodique, menée sur plus d’une décennie, pour briser sa carrière — au motif, dit-il, qu’il défend les droits des Palestiniens.

Et il livre une conviction qui vise bien au-delà de son cas personnel : si la quasi-totalité des grandes stures se taisent sur Gaza, ce n’est pas par indifférence, c’est par peur de subir le même traitement.

Un artiste qui assume, sans détour

Le musicien ne s’embarrasse d’aucune prudence de langage. Il raconte être devenu militant après ses premiers voyages en Israël et en Cisjordanie, où il affirme avoir vu de ses yeux un « système d’apartheid » — des routes interdites aux Palestiniens, une inégalité de droits qu’il dit avoir refusé de croire avant de la constater.

Dès ce moment, explique-t-il, il a décidé de parler « immédiatement », en sachant ce qu’il risquait de perdre. Sa ligne n’a pas varié depuis : l’égalité des droits « du fleuve à la mer », sans qu’un groupe jouisse de plus de droits qu’un autre.

Interrogé sur la réaction qu’il a suscitée, Waters répond que « le lobby israélien » aux États-Unis n’a « rien fait d’autre que tenter de détruire » sa carrière — avant d’ajouter, en forme de défi : il a échoué, et lui « riposte ».

« On ne vous laisse même pas aider des vétérans »

L’accusation la plus frappante qu’il porte ne concerne pas la scène, mais la charité. Waters raconte avoir longtemps œuvré pour Stand Up for Heroes, une organisation venant en aide aux soldats américains blessés, jusqu’à monter un groupe de musique thérapeutique avec des vétérans amputés. Puis, en 2015, plus d’appel.

Le producteur lui aurait fini par avouer que des pressions avaient exigé son retrait — et que les vétérans eux-mêmes ne pourraient plus participer, de peur que son absence ne « soulève des questions ».

Il décrit un scénario identique avec City Harvest, une association new-yorkaise de redistribution alimentaire : selon lui, on aurait menacé de couper tout financement tant qu’elle continuerait de travailler avec lui. « On ne vous laisse pas aider des vétérans si vous critiquez Israël », résume Carlson. « C’est exact », répond Waters. Pour lui, l’affaire est « au-delà de l’imagination » — et tout cela pour avoir critiqué ce qu’il nomme un État d’apartheid.

Hôtels fermés, concerts menacés

Le témoignage rejoint des faits déjà documentés lors de sa tournée This Is Not a Drill. En 2023, dit-il, il ne trouvait plus une chambre à Buenos Aires, en Colombie, en Équateur ou à Montevideo ; à Quito, il aurait pu dormir une nuit à condition qu’on « fasse comme s’il n’était pas là ».

Ces refus d’hôtels en Amérique latine ont bien été rapportés à l’époque, sur fond de campagnes d’organisations pro-israéliennes auprès des chaînes hôtelières.

Côté scène, il rappelle que la ville de Francfort avait tenté de faire annuler son concert de mai 2023 — une décision finalement cassée par un tribunal administratif allemand au nom de la liberté artistique, si bien que le spectacle a eu lieu.

« Voilà pourquoi ils se taisent »

C’est là que le propos de Waters dépasse son cas. Pourquoi, demande en substance Carlson, tant d’artistes célèbres restent-ils muets face à ce qui se passe à Gaza ? Sa réponse est sans appel : ils se taisent parce qu’ils savent ce qui les attend s’ils ouvrent la bouche. « Ils ferment leur bouche parce qu’ils savent qu’ils subiront le traitement que je subis », affirme-t-il.

Lui-même dit avoir été rayé des grands médias : plus d’invitations sur les plateaux, des tribunes systématiquement refusées par les grands journaux. « Je suis persona non grata », lâche-t-il, avant de retourner l’étiquette en fierté — puisqu’il ne prêche, dit-il, que l’empathie et la bonté.

Une position revendiquée

Face à ceux qui le présentent comme « un homme dangereux » et « haineux », Waters oppose une défense qu’il martèle depuis des années : « Je n’ai rien contre les Juifs. Rien. » Sa critique, insiste-t-il, vise la politique de l’État d’Israël, pas une religion ni un peuple.

Fils d’un père tué en combattant le nazisme, il revendique un engagement de toute une vie pour les droits humains « de tous, partout », et voit dans les marches pro-palestiniennes non pas de la haine mais « de l’amour pur ».

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Auteur: balkis T
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