Ma vie : Je suis venu en Tunisie pour une vie plus douce, aujourd’hui cette douceur coûte plus cherMa vie : Je suis venu en Tunisie pour une vie plus douce, aujourd’hui cette douceur coûte plus cher

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Je m’appelle Laurent. Ce n’est pas mon vrai prénom. J’ai 46 ans, je suis Français, et je vis en Tunisie depuis dix ans avec ma femme et mes enfants.

Quand je suis arrivé, je ne pensais pas rester aussi longtemps. À l’époque, il s’agissait d’une opportunité professionnelle : prendre la direction d’une filiale textile travaillant avec des donneurs d’ordre européens.

Je connaissais déjà un peu la Tunisie, comme beaucoup de Français : quelques voyages, des souvenirs de lumière, de mer, de cafés, de routes entre Tunis, Hammamet et le Sahel. Mais vivre dans un pays, ce n’est pas le visiter. On croit connaître un lieu parce qu’on y a passé des vacances. Puis on y installe sa famille, ses habitudes, ses enfants, ses dépenses, ses repères, et ce pays devient autre chose. Il devient une partie de votre vie.

Aujourd’hui, quand je parle de la Tunisie, je ne parle plus d’un décor. Je parle de notre maison.

La Marsa, notre équilibre familial

Nous vivons à La Marsa depuis notre arrivée. Ce choix n’était pas seulement une question de confort. C’était aussi une question pratique. Pour ma femme, pour les enfants, pour l’école, pour les trajets, pour la vie quotidienne, La Marsa s’est imposée naturellement.

Il y a la mer, les cafés, les commerces, les activités, une certaine facilité de vie. Il y a aussi cette impression rare d’être à la fois dans une ville, dans un quartier, et dans une forme de parenthèse. Au début, cela nous semblait presque idéal. Une maison avec jardin, de l’espace, une vie familiale plus douce que celle que nous aurions pu avoir à Paris.

Nous louons notre maison 3 500 dinars par mois. C’est déjà une somme importante. Mais nous avons eu la chance de garder la même maison depuis notre arrivée. Aujourd’hui, si nous devions chercher l’équivalent à La Marsa, avec jardin, dans le même environnement, le prix serait sans doute beaucoup plus élevé. Le marché a changé. Ce qui était confortable il y a dix ans est devenu beaucoup plus difficile à remplacer.

Et c’est peut-être là que j’ai commencé à comprendre que la Tunisie que j’avais connue au départ n’était plus tout à fait la même.

Un salaire confortable, mais une liberté financière qui se réduit

Je gagne 5 000 euros par mois, soit environ 17 000 dinars tunisiens. Ce revenu me place dans une situation très favorable, d’autant que ma société prend en charge l’école française des enfants, ainsi que la voiture, le carburant, l’assurance et l’entretien.

Ce cadre me protège beaucoup. Il faut le dire clairement. Mais il ne m’empêche pas de voir une évolution très nette : le même salaire ne donne plus le même sentiment de liberté.

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Auteur: balkis T
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