Sordide affaire d’inceste à SaléSordide affaire d’inceste à Salé

Horreur 
Une adolescente se présente au tribunal de Salé pour faire adopter son nouveau-né. Un détail qui trouble les agents : son récit ne tient pas. L’enquête révèle l’impensable, confirmé par des tests ADN.

Tout aurait pu rester enfoui à jamais si une adolescente de quinze ans n’avait pas, en fin de la troisième semaine du mois de juin 2026, franchi les portes du tribunal de première instance à Salé. De son foyer parental situé à l’arrondissement de Layayda, la mineure venait y entamer des démarches administratives pour confier son nouveau-né à une famille adoptive. Une démarche légale, presque banale en apparence. Mais quelque chose, dans son récit, ne collait pas. Les agents administratifs du tribunal, habitués à instruire ce type de dossiers, ont perçu une zone d’ombre. Des détails flous, des réponses hésitantes.

Ce malaise diffus a suffi à déclencher l’alerte. Le procureur du Roi a été saisi, et une enquête confiée aux services de la police judiciaire relevant du district de la sûreté de Layayda. En effet, ce qui n’était au départ qu’une simple vérification administrative s’est rapidement transformé en affaire criminelle. Les enquêteurs, en creusant le passé de l’adolescente, ont découvert un engrenage glaçant : la jeune mère célibataire n’avait jamais eu de relation extérieure. Le père de son enfant n’était autre que son propre père. Les soupçons d’inceste, d’abord prudents, se sont rapidement confirmés grâce à des expertises génétiques.

Les résultats sont sans appel. L’ADN du nourrisson correspond à celui du père de la mineure. L’horreur prenait alors tout son sens. En remontant le fil de l’histoire familiale, les enquêteurs ont découvert que cet homme, âgé de quarante-quatre ans, avait divorcé deux ans plus tôt. De cette union étaient nés quatre enfants; deux garçons, confiés à la garde de la mère, et deux filles, restées auprès du père. C’est dans ce huis clos, loin du regard de la mère, que le calvaire de l’aînée a commencé. Des rapports imposés, répétés, jusqu’à la grossesse que l’adolescente, terrifiée, avait tenté de dissimuler en se débarrassant du nouveau-né avant que tout n’éclate. La crainte de voir le drame se reproduire sur la cadette a alors saisi la famille comme les enquêteurs. Des examens médicaux ont été pratiqués sur la sœur, par précaution. Le verdict, cette fois, a un soulagement : elle n’avait pas été victime des mêmes agissements.

Confronté aux résultats des expertises génétiques et aux déclarations de sa fille, le père incestueux a longtemps nié, assurant que les accusations n’étaient qu’une manœuvre de son ex-épouse pour se venger des séquelles du divorce. Mais face à l’accumulation des preuves, sa version s’est effondrée. Il a fini par reconnaître les faits.
Samedi dernier, 27 juin, il a été présenté devant le parquet général près la Cour d’appel de Rabat pour être auditionné avant d’être déféré devant le juge d’instruction. Celui-ci, après l’avoir auditionné en préliminaire, a ordonné son maintien en détention préventive. Il y est désormais incarcéré, mis en examen pour attentat à la pudeur sans violence sur une mineure de moins de 18 ans par un ascendant ayant autorité sur elle, fait ayant entraîné une grossesse.

Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
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