SYSTAC 2 : pari gagnant de la BéacSYSTAC 2 : pari gagnant de la Béac

La nouvelle Chambre de compensation automatisée, a été officiellement lancé le 12 août 2026 à Yaoundé au cours d’une cérémonie présidée par le gouverneur de la banque centrale. Yvon Sana Bangui a salué l’aboutissement de quatre années de travaux et présenté les premiers résultats d’un dispositif appelé à remodeler les paiements dans la sous-région.

Depuis son lancement opérationnel le 3 août, Systac2 affiche une montée en puissance rapide. 123 623 transactions, représentant 270 436,5 milliards de Fcfa, ont été traitées au terme des cinq premiers jours. Le nouveau système compte 72 participants, parmi lesquels les établissements de crédit, les Trésors publics et les Caisses des dépôts. La Béac relève un taux de participation de 100 % dès la première semaine, signe d’une intégration réussie des acteurs concernés.

La progression des opérations retient aussi l’attention. De 1 717 transactions le premier jour, le système est passé à 26 665 opérations en fin de semaine. Le pic journalier en valeur a atteint 73 185,3 milliards de Fcfa. Pour le gouverneur, ces résultats confortent le choix d’une refonte engagée face aux limites du système installé en 2007.

Le changement porte sur l’architecture même de la compensation. Systac2 remplace une organisation fragmentée par une chambre unique et centralisée à l’échelle de la Cemac. Cette infrastructure doit répondre à l’essor des transactions numériques, aux besoins des groupes bancaires transfrontaliers et aux exigences accrues en matière de sécurité. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme figure aussi parmi les priorités. La Béac aura pris le temps de sécuriser cette transition. Prévue en juin 2025, la mise en production avait été reportée afin de corriger des réserves techniques et de mener des tests supplémentaires. Une année de travail additionnel aura précédé le démarrage effectif. Le gouverneur a présenté ce choix comme une exigence de fiabilité plutôt qu’un simple retard de calendrier.

Systac 2 n’est toutefois qu’un maillon d’une transformation plus large. Dans les prochaines semaines, la Béac prévoit la mise en service de Sygma V10, nouveau système de règlement brut en temps réel. Le raccordement des banques au Papss, système panafricain de paiement, doit intervenir avant la fin de 2026. La migration vers ISO 20022, achevée le 30 juin, et le lancement du QR Code Cemac, le 29 juillet à Douala, complètent cette dynamique.Pour le gouverneur, la modernisation des infrastructures doit produire des effets concrets sur l’économie. La réduction des coûts transactionnels et l’élargissement de l’accès aux services financiers constituent les objectifs affichés. Mais la transformation numérique s’accompagne d’une exigence de discipline.

La Béac annonce ainsi des vérifications visant certaines Fintechs soupçonnées d’exercer au-delà de leurs habilitations. Des sanctions, allant jusqu’au retrait d’agrément, sont envisagées en cas d’infractions établies. La banque centrale rappelle aussi la responsabilité juridique et financière des établissements sur les flux transitant par leurs clés API ou leurs accès de télécommunication.À travers Systac 2, la Béac ne change donc pas seulement un outil technique. Elle cherche à sécuriser les flux, fluidifier les échanges et renforcer l’intégration financière de la Cemac. Les premiers chiffres sont prometteurs. Le véritable test sera désormais la capacité du nouveau système à transformer cette performance initiale en gains durables pour les banques, les entreprises et les populations.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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