Le soccer, c’est une passion. C’est une affaire de famille aussi, comme le souligne « l’avocat » Gianni Agnelli, président de la Juventus F.C. pendant la période 1947-1954. S’ensuit une autre sorte de famille, celle des tifosi, les supporters de l’équipe de toute la vie, bon an mal an.

Le documentaire Black and white stripes : The Juventus story raconte l’histoire des Agnelli, famille propriétaire de la Juve, et celle des joueurs et des supporters, cette immense famille. Mais rapidement la distinction effectuée par Pier Paolo Pasolini (1922-1975), poète et réalisateur italien, entre « le soccer que l’on voit » et « le soccer que l’on pratique » devient de plus en plus nette. Celui-là, c’est le spectacle avec ses lumières aveuglantes, ses buts qui se traduisent en millions de dollars, ses droits de diffusion des matchs partout dans le monde, etc. Le soccer que l’on pratique, lui, c’est la vie. C’est la liberté et la joie que seul peut produire un match entre amis.

Ces sentiments sont le leitmotiv premier de ce sport qui est, selon moi, le plus beau du monde. Ils sont puissants. Ils sont capitaux, c’est pourquoi amour, joie et liberté sont des objets de convoitise par les dirigeants du soccer-spectacle.

Dans le documentaire, c’est l’histoire de la Juve qui se mêle à celle de cette puissante famille italienne, les Agnelli, propriétaires du club et d’une compagnie d’autos. Il y a bien sûr le récit des matchs décisifs, des buts importants marqués aux moments opportuns et les témoignages émouvants des joueurs. C’est une histoire épique et emplie d’héroïsme qui nous est présentée par les frères La Villa. Une histoire qui viendrait effacer les déboires commis par les dirigeants du club.

En 2006, un scandale du soccer italien éclate et éclabousse les têtes dirigeantes de la Juventus : on parle des « matchs arrangés » par des « arbitres achetés ». Le club est descendu en deuxième division. C’est la débâcle. Pour les dirigeants, c’est l’heure de prendre de grandes décisions. Les joueurs étoiles du club sont restés. Leur loyauté est à toute épreuve. Ils réussissent à atteindre de nouveau la première division et petit à petit à gagner des championnats. L’ordre des choses a été rétabli. Mais pas pour longtemps. En septembre dernier, l’actuel président de la Juventus, Andrea Agnelli a été condamné à un an de suspension et à 20 000 euros d’amende pour avoir participé à un trafic illégal de billets. Dans ces temps de soccer-global et de soccer-spectacle, nous sommes en droit de nous poser des questions sur ces phénomènes. Et ce, au-delà de la passion. Voilà tout le mérite de ce documentaire.

BLACK AND WHITE STRIPES: THE JUVENTUS STORY | Version originale anglaise | Sous-titré en français | RÉALISÉ PAR MARCO LA VILLA , MAURO LA VILLA | PRÉSENTATIONS SPÉCIALES DOCUMENTAIRE SPORTS | ÉTATS-UNIS , ITALIE | 108 MINUTES | 2016 | EN PRÉSENCE DES RÉALISATEURS | Avec le soutien de l’Institut culturel italien à Montréal

Eduardo Malpica Ramos

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