Lors de la 40e édition du Festival international de cinéma Vues d’Afrique à Montréal, le réalisateur Ismael Lakehal a présenté son court-métrage « Mon destin ». Un projet profondément intime, entre hommage paternel et déclaration d’amour à l’Algérie.

Le cinéma est parfois une affaire de promesse. Pour Ismael Lakehal, tout commence par une discussion naturelle, presque banale, avec son père dont la santé décline : « Papa, demain tu meurs, je ne saurais pas où t’enterrer ». La réponse du père devient le point de départ d’une œuvre cinématographique : « T’as qu’à venir avec moi, là tu sauras ».

Une quête d’identité par-delà les frontières

Le film « Mon destin » suit le parcours de Youssef, un trentenaire français d’origine algérienne. Au décès de son père, il doit accomplir sa dernière volonté : être enterré sur sa terre natale. Ce voyage de rapatriement, qui ne devait être qu’une formalité administrative, se mue rapidement en une quête initiatique. À travers les paysages d’Algérie, Youssef découvre bien plus qu’un cimetière ; il part à la rencontre de ses ancêtres, de sa famille et d’un héritage culturel qu’il ne soupçonnait pas.

L’autoproduction au service de l’émotion

Se décrivant humblement comme le « Petit Poucet » du festival au milieu des grands noms du cinéma africain, Ismael Lakehal a porté ce projet à bout de bras. Scénariste, réalisateur, acteur principal et producteur, il a dû composer avec les aléas de la crise sanitaire, débutant le tournage près de Lyon avant de devoir attendre l’ouverture des frontières pour rejoindre M’Sila, en Algérie.
« Avec tous les préjugés que j’avais entendus sur le fait de tourner en Algérie, croyez-moi, c’est l’une de mes plus belles expériences », confie-t-il avec enthousiasme. Pour lui, ce film est aussi une manière d’inviter la diaspora à devenir « ambassadrice » de la beauté et de la richesse de son pays d’origine.

Un succès qui en appelle d’autres

Le pari est réussi. Avec sept nominations à travers le monde et deux prix remportés au festival de Batna (Prix spécial du jury et Prix du deuxième meilleur acteur), « Mon destin » marque les esprits par sa sincérité.
Loin de s’arrêter là, Ismael Lakehal se tourne déjà vers l’avenir. Il planche actuellement sur un nouveau projet de fiction historique se déroulant durant la période coloniale. Son ambition ? Montrer une autre facette de l’histoire en mettant en scène un soldat français désertant par sens de la justice pour sauver un jeune Algérien.
En attendant de retrouver le chemin des plateaux, le réalisateur quitte Montréal le cœur plein de la bienveillance des Algériens du Québec, pressé de retrouver les « trois amours de sa vie » qui l’attendent en France. Le message est lancé : le cinéma indépendant algérien a trouvé une voix passionnée et déterminée.

Réda Benkoula