C’est lors de la 40ème édition du festival Vues d’Afrique que la réalisatrice Nadia Zouaoui a dévoilé, en première mondiale, son nouveau documentaire : La promesse d’Imane. Un film nécessaire qui brise les tabous sur la violence faite aux femmes, porté par la voix posthume d’une militante acharnée.

Une promesse tenue contre l’oubli

L’origine du film est profondément personnelle. En février 2019, à l’annonce du décès d’Imane, Nadia Zouaoui est plongée dans la colère et la tristesse. En relisant leurs échanges, elle redécouvre une demande qu’Imane lui avait faite deux mois plus tôt : faire un film sur son combat. « C’est là que la mission a commencé », confie la réalisatrice. Malgré les obstacles de la pandémie et les contraintes budgétaires, il aura fallu quatre ans de lutte pour que ce projet voie le jour.

Un voyage intime à Bejaïa

Construit avec peu d’archives visuelles, le documentaire suit le pèlerinage de quatre amies d’Imane qui se retrouvent à Bejaïa, une ville qu’elle chérissait. À travers leurs souvenirs et la lecture du blog d’Imane, le film dresse le portrait d’une femme dont la parole continue de résonner. La structure du film, découpée en chapitres, permet de naviguer entre l’émotion des retrouvailles et la force brute des textes de la militante.

Braver les tabous

Le tournage n’a pas été sans risques. Dans un contexte où le mot « féministe » reste mal perçu et où la religion et l’honneur familial imposent silence, Nadia Zouaoui a dû manœuvrer avec prudence. « Le plus dur était de préserver les filles qui participaient au film tout en disant ce qu’il fallait dire », explique-t-elle. Si certains sujets restent indicibles pour ne pas mettre en danger les intervenantes, le message passe : « Les Algériennes qui ont vu le film ont tout compris. »

Un parcours qui ne fait que commencer

Après cette première diffusion émouvante, La promesse d’Imane s’apprête à voyager. Une version sera diffusée sur TV5 en septembre prochain, et la réalisatrice espère organiser une tournée de débats en Algérie avec des collectifs comme le groupe Wassila. Le film est également attendu au Sénégal pour un festival de films de femmes africaines.

Pour Nadia Zouaoui, voir les spectatrices sortir de la salle avec la force de continuer à se battre est la plus belle des récompenses : « Pour moi, c’est presque mission accomplie. »

Pour suivre l’actualité du film : Rendez-vous sur la page Facebook de Nadia Zouaoui.

Réda Benkoula