Ce fut un franc succès cette première participation des Djmawi Africa au Festival International Nuits d’Afrique à Montréal.  On les croyait amoindris après le départ de l’un de leur  membre fondateur, et pas des moindres, le leader du groupe Ghouli Djamil,   pour une carrière  solo,  mais l’arrivée d’Issam Bosli,  avec sa voix profonde d’un timbre chaud qui nous rappelle le soleil de la Méditerranée et ses performances sur plusieurs instruments (guembri, guitare et bendir) a fait vite oublier ce divorce.

L’esprit Djmawi a régné hier soir  au Parterre du Quartier des spectacles à Montréal au grand  bonheur d’un public enchanté et emporté par une musique mystique aux racines afro-maghrébines. Ils étaient huit sur scène à étaler leur savoir-faire, fruit de 12 ans de carrière,  et à déverser leur énergie contagieuse ayant promptement emballé le public qui a rendu la pareille, en participant pleinement à cette fête aux couleurs bariolées.

Et à voir la flopée d’instruments de musique qui jonche leur scène,  on comprend vite la fusion de leur œuvres prenant source la musique traditionnelle gnawa et irriguées par plusieurs influences grâce à leur travail de création qui raffine sur les détails: reggae, jazz, blues, rock, chaabi… Ce brassage confère à leur musique toute sa richesse, à la fois polyrythmique, affranchie et fraiche, tout en conservant les transes gnawa et ses arômes spirituels.

Les Djmawi Africa ont de la bouteille et maitrisent le live et leur prestation d’hier en témoigne. Leurs chants panégyriques ont transporté exquisément leurs fans aux fins fonds de l’Afrique. Eux qui revendiquent haut et fort leur africanité et celle de leur pays, Algérie, ont rendu un vibrant hommage au continent-mère en interprétant bladi africa (mon pays l’Afrique). Les Djmawi Africa ne maitrisent pas seulement la scène, mais également le sens de la communication par l’entremise de son bassiste, Abdou El Ksouri, qui interagit agréablement avec le public en suscitant ses émotions. Celles-ci ont vivement vibré quand le groupe a interprété berrani ghrib (l’étranger) pour rendre hommage à l’une des figures emblématiques de la chanson chaabi algérienne, le feu Amar Ezzahi et aux immigrés ayant choisi Montréal comme terre d’accueil.

Les Djmawi Africa, qui viennent de sortir leur premier Best of, ont laissé une très bonne impression lors de ce premier passage au Festival International Nuits d’Afrique et le public montréalais souhaite les revoir l’année prochaine.

Sofiane Idir

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