
Radu Jude est un réalisateur et scénariste roumain qui a été récompensé dans différents festivals. Il a reçu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur pour « Aferim » à la Berlinale 2015. Il a été lauréat du Globe de cristal au Festival international du film de Karlovy Vary 2018 pour « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares ». En 2021, il a reçu l’Ours d’or à Berlin pour « Bad Luck Banging or Loony Porn ». En 2023, son film « N’attendez pas trop de la fin du monde » a reçu le Prix spécial du jury au Festival international du film de Locarno. Plus récemment, il a reçu l’Ours d’argent du meilleur scénario pour « Kontinental » à la Berlinale 2025.
En 2026, il vient de réaliser « Le Journal d’une femme de chambre » qui a été sélectionné dans la section parallèle du Festival de Cannes 2026. Diffusé hors compétition au Festival international du film de Busan en Corée, le long-métrage est au programme de la 55e édition du Festival du nouveau cinéma de Montréal dans la section Les incontournables.
Une relecture libre
Bien que le film s’inspire librement du roman éponyme d’Octave Mirbeau (paru en 1900), Radu Jude a fait le choix d’en faire sa propre adaptation. L’intrigue suit le parcours de Gianina (interprétée par Ana Dumitrașcu), une jeune femme roumaine qui a quitté son pays d’origine pour travailler comme femme de ménage au sein d’une famille bourgeoise française. Pour gagner sa vie et subvenir aux besoins des siens, Gianina a dû laisser sa propre fille en Roumanie, sous la garde de sa mère.
Le quotidien d’une équilibriste
Le film adopte une structure chronologique composée de « bribes de vies », entrecoupée par les soirées où Gianina joue dans une troupe de théâtre amateur en interprétant le rôle de Célestine (personnage principal du roman de Mirbeau).
Son quotidien consiste à enchaîner les tâches ménagères et à s’occuper du fils de ses employeurs, qui sont interprétés par Mélanie Thierry et Vincent Macaigne. Derrière cette routine apparente, on se rend compte assez vite que la vie n’est pas un long fleuve tranquille pour cette Roumaine qui doit ménager les humeurs dans cette famille pour ne pas perdre son emploi.
Du début du mois d’octobre au mois de décembre, Gianina compte les jours en attendant de retrouver sa fille durant la période des fêtes.
Un miroir des contradictions contemporaines
Le cinéaste Radu Jude réussit ainsi à mettre en lumière les malaises profonds et les dynamiques de pouvoir invisibles qui régissent la société actuelle. Il cultive l’art du malaise dans une époque marquée par les contradictions.
Réda Benkoula
Projections au FNC
Cinéma du Musée – Dimanche 11 octobre 2026 – 19:45 — 21:30
Cineplex Quartier Latin – Salle 10 – Jeudi 15 octobre 2026 – 21:00 — 22:45

