81e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945:« Aujourd’hui en Occident, on assiste malheureusement à des tentatives visant à réécrire l’histoire », Igor Martynov, ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso81e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945:« Aujourd’hui en Occident, on assiste malheureusement à des tentatives visant à réécrire l’histoire », Igor Martynov, ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso

Le 9 mai de chaque année, la Russie célèbre l’anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. Dans cette tribune, Igor Martynov, ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso déplore des tentatives en Occident de réécrire l’histoire, « sous l’influence de la conjoncture politique et des tendances russophobes ».

 En 2026, la Fédération de Russie célèbre une date sacrée : le 81e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, qui est devenue l’un des conflits les plus sanglants de l’histoire. En ce jour, tous les Russes et les citoyens de l’espace post-soviétique sont unis par des sentiments de joie et de fierté envers nos pères et nos grands-pères qui ont vaincu le nazisme.

Le temps nous éloigne de plus en plus des événements de la Seconde Guerre mondiale, mais notre responsabilité n’en est que plus grande pour préserver les valeurs consacrées par la Grande Victoire, afin de transmettre aux générations futures la vérité sur la manière dont nous avons combattu et au nom de quoi. En tant qu’héritiers des vainqueurs, nous célébrons la fête du 9 mai comme la plus importante pour tout le peuple et nous gardons la mémoire de ces événements historiques et triomphaux.

La guerre sanglante contre le nazisme a coûté la vie à environ 30 millions de citoyens soviétiques, dont 12 millions de pertes militaires irrémédiables. Les millions de victimes parmi la population civile sont le résultat de la politique de génocide menée par les nazis à l’encontre des peuples de l’Union Soviétique.

Il ne faut pas oublier qu’Hitler bénéficiait de la sympathie et du soutien de plusieurs membres de la famille royale britannique; l’Italie, la Finlande et la Roumanie, qui a mis 700 000 soldats à sa disposition, ont combattu aux côtés d’Hitler ; la légion des volontaires français ; des volontaires espagnols ; la légion norvégienne SS ; la légion néerlandaise SS ; la légion lettone SS, qui s’est distinguée par une cruauté particulière ; la légion estonienne de volontaires SS ; la division belge de volontaires ; le corps de volontaires SS « Danemark », intégré à la division allemande SS « Tête de mort ». Des nationalistes ukrainiens ont également combattu aux côtés d’Hitler. La Tchécoslovaquie s’est particulièrement « distinguée » : après son annexion par le Troisième Reich, elle n’a toléré aucun acte de sabotage ni aucun défaut de fabrication dans les usines militaires qui fournissaient au Wehrmacht divers types d’armement et de matériel.

Il est important de comprendre que la guerre contre l’URSS avait des objectifs différents de ceux de la guerre en Europe. Le 12 juin 1941, Himmler a déclaré que « l’objectif de la campagne contre la Russie était de réduire la population slave de 30 millions de personnes ». Les Nazis envisageaient la nécessité d’un génocide des peuples de l’URSS avec le cynisme pragmatique qui leur était propre. L’objectif était de prélever des denrées alimentaires dans les régions de la terre noire, notamment en Ukraine, et de les acheminer depuis la zone dite forestière – Moscou et Saint-Pétersbourg – vers l’Europe. En outre, il était prévu de peupler les territoires soviétiques avec des Allemands, ce qui exigeait de se débarrasser de la « population aborigène ».

En mémoire des victimes tuées par les forces de répression nazies, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a institué le 19 avril comme date commémorative – la Journée de commémoration des victimes du génocide du peuple soviétique par les Nazis et leurs complices pendant la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. C’est précisément ce jour-là, en 1943, qu’a été publié le décret № 39 du Présidium du Conseil suprême de l’URSS, dans lequel a été donnée pour la première fois une évaluation juridique de la politique ciblée et à grande échelle menée par les nazis et leurs complices en vue de l’extermination de la population civile de notre pays.

Malheureusement, aujourd’hui en Occident, sous l’influence de la conjoncture politique et des tendances russophobes, on assiste de plus en plus souvent à des tentatives grossières visant à réécrire l’histoire, à passer sous silence des faits importants, à masquer ou à minimiser le rôle clé joué par l’Armée rouge dans la libération de l’Europe. Pire encore, ceux qui, comme le régime de Kiev, ne cachent pas leurs liens idéologiques avec les complices des nazis, sont loués et soutenus. De plus, des instructeurs ukrainiens participent activement à la formation de terroristes dans la région du Sahel, qui, par leur nature même, ne diffèrent en rien des fascistes: ils exterminent la population, détruisent les écoles et les hôpitaux, incendient les entrepôts de denrées alimentaires, pillent les convois d’aide humanitaire et assiègent des villes entières.

Les manifestations d’idéologies racistes en Allemagne, y compris le néonazisme, accompagnées d’une russophobie agressive au niveau de l’Etat et d’un soutien sans limite au régime de Kiev, suscitent une inquiétude particulière. La presse officielle allemande et les institutions scientifiques et historiques spécialisées ont poursuivi leur campagne de révision des événements de l’histoire contemporaine, notamment en passant sous silence le rôle de l’Armée rouge et du peuple soviétique dans la défaite du nazisme. La Russie a été accusée de tenter « d’instrumentaliser » la Grande Victoire pour justifier son opération militaire spéciale. En 2025, lors des commémorations, l’affichage du ruban de Saint-Georges et le port d’uniformes militaires historiques ont été interdits pratiquement partout.

En Allemagne, ainsi que dans les pays baltes, des obstacles sont systématiquement dressés aux compatriotes russes et aux citoyens de ces pays qui souhaitent déposer des couronnes sur les monuments dédiés aux soldats soviétiques libérateurs. Par exemple, en Lettonie, une série d’amendements législatifs a été adoptée, interdisant le port du ruban de Saint-Georges (2021), ainsi que l’organisation de manifestations dans un rayon de 200 mètres autour de tout mémorial « glorifiant la victoire et la mémoire de l’Armée soviétique ou de ses militaires en Lettonie » (2022).

Depuis le début de l’opération militaire spéciale, on observe une forte recrudescence des cas de profanation et de vandalisme sur les sépultures militaires russes (soviétiques). Alors qu’en 2021, la Représentation de la Direction du ministère de la Défense de la Fédération de Russie chargée de la perpétuation de la mémoire des soldats tombés pour la patrie, rattachée à l’Ambassade de Russie en Allemagne, avait recensé trois incidents de ce type, on en a dénombré 16 en 2022, 12 en 2023, en 2024 – 18, et de janvier à mai 2025 – quatre cas. En Estonie, à la suite des agissements sacrilèges des autorités locales visant à « lutter » contre les monuments soviétiques et les fosses communes des soldats de l’Armée rouge, 151 monuments dédiés aux soldats soviétiques avaient été démantelés et les restes de 38 personnes exhumés en septembre 2025. Les Estoniens ont organisé la « réinhumation » des restes de près de 2 000 personnes dans des tombes militaires situées dans des lieux publics.

L’engagement de la Russie en faveur de la préservation de la vérité historique restera inébranlable. Nous continuerons à faire savoir à l’opinion publique mondiale que la Victoire a apporté non seulement la fin des souffrances et la liberté, mais aussi un nouvel ordre mondial, avec un rôle central pour l’Organisation des Nations Unies, fondé sur les principes de coopération, d’égalité souveraine et de non-discrimination. C’est précisément au sein des instances des Nations Unies que les diplomates russes, aux côtés de leurs homologues burkinabè, travaillent d’arrache-pied à l’édification d’un ordre mondial multipolaire, exempt de pratiques néocoloniales et du diktat de ce qu’on appelle la « minorité mondiale ».

Je suis convaincu que la célébration du 81e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique trouvera un écho favorable auprès de tous les Burkinabè soucieux de la vérité historique et permettra de renforcer les liens fraternels entre nos peuples.

Igor Martynov

Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso

Auteur: BH SIDWAYA
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