Ancien ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques et ambassadeur à Vienne, Mohamed Habib Haddad est décédé jeudi 13 août 2026. Il laisse le souvenir d’un élu de la nation, d’un gouverneur respecté, d’un haut commis de l’État, et d’une personnalité profondément attachée à la Tunisie.
Vous ne le croiserez plus, tôt le matin, effectuer aux aurores sa marche quotidienne, en compagnie de voisins et d’amis de longue date, dans son quartier d’Ennasr. Mohamed Habib Haddad, ancien ministre de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources hydrauliques de 2002 à 2008, puis ambassadeur de Tunisie à Vienne de 2008 à 2010, est décédé jeudi 13 août 2026, apprend Leaders de bonne source.
Il avait commencé à réduire le rythme de ses randonnées, avant de s’en absenter progressivement, le corps fatigué, l’esprit, préoccupé, l’envie manquante. Jusqu’au bout, il avait conservé, derrière sa stature imposante, son humour raffiné, sa sagesse et son profond sens de l’État. Ils nous manqueront à jamais.
Un homme de terrain
Passionné de chasse, Mohamed Habib Haddad connaissait la Tunisie région par région, les saisons de chasse dans leurs moindres détails, les espèces dans toute leur diversité et les écosystèmes dans leur complexité. Son attachement à la terre et à la vie des paysans le maintenait au contact direct des réalités du terrain. C’était à la fois sa bouffée d’oxygène et sa boussole.
Une trajectoire brillante
Ingénieur agronome de formation, il a accompli une trajectoire professionnelle et publique particulièrement riche, jalonnée d’engagements syndicaux, de responsabilités parlementaires et territoriales, avant d’accéder aux fonctions de gouverneur, de ministre puis d’ambassadeur.
Il a ainsi été commissaire régional au développement agricole, gouverneur de Kasserine de 1998 à 2000, puis gouverneur de Nabeul. Il a également siégé à la Chambre des députés.
De 1990 à 1998, il présidera le Conseil de l’Ordre des ingénieurs tunisiens. Une responsabilité qui n’était guère aisée et qui exigeait la confiance de ses pairs.
Le ministre d’une agriculture à débloquer et à moderniser
Mohamed Habib Haddad rejoindra le gouvernement de Mohamed Ghannouchi, formé le 5 septembre 2002, en qualité de ministre de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources hydrauliques. Il occupera cette fonction pendant six années, jusqu’au 29 août 2008.
À la tête du département, il sera particulièrement actif au sein des grandes instances internationales liées à l’agriculture et au développement rural. Il conduira notamment la délégation tunisienne auprès de la FAO, du FIDA, de l’OADA et de différentes organisations spécialisées.
Cette immersion dans la diplomatie multilatérale contribuera naturellement à préparer sa nomination à un grand poste diplomatique.
Un ambassadeur très fin
C’est ainsi que Mohamed Habib Haddad sera nommé, à compter du 1er décembre 2008, ambassadeur de Tunisie auprès de l’Autriche et représentant permanent auprès du Bureau des Nations Unies à Vienne ainsi qu’auprès de différentes organisations internationales, notamment l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’ONUDI.
Sa mission, menée avec succès, s’étendra sur deux années et prendra fin en 2010.
Il y fera valoir les mêmes qualités qui avaient marqué son parcours national : compétence, discrétion, sens de l’écoute et maîtrise des dossiers.
Un homme pluriel
Élu de la nation à la voix sereine sous la coupole du Parlement, haut commis de l’État, gouverneur qui savait imposer le respect et accélérer la réalisation des projets, dirigeant consensuel de l’Ordre des ingénieurs, ministre de l’Agriculture engagé et diplomate aussi à l’aise dans le bilatéral que dans le multilatéral, Mohamed Habib Haddad aura incarné une génération de serviteurs de l’État qui ont accompagné l’édification de la Tunisie.
Discret, modeste et avenant, il était aussi un homme de cœur, doté d’une générosité naturelle. Homme de sagesse et de vaste culture, il possédait une grande capacité d’écoute et était pour beaucoup une source de conseils précieux.
Avec la disparition de Mohamed Habib Haddad, la Tunisie perd une figure qui aura consacré une large part de sa vie à l’agriculture et au service de l’État.
Il laisse le souvenir d’un homme d’abnégation, d’intégrité et de patriotisme, profondément attaché à son pays et à ceux qui le servent au quotidien.
Allah Yerhamou!
T.H.
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