En plus des sommes de 600$ ou 400$ promises par Québec au cours des prochains jours pour les personnes gagnant moins de 100 000$ par année, Ottawa s’apprête à mettre en branle deux nouvelles mesures visant les locataires et les familles à faible revenu avec enfants, pour alléger leur fardeau financier.

Dès le 1er décembre, les enfants de moins de 12 ans dont les familles répondent aux critères relatifs aux revenus fixés par Ottawa, pourront obtenir jusqu’à 650 $ de soins dentaires annuellement. De même, à compter du 12 décembre, les locataires à faible revenu recevront un montant de 500 $ du fédéral.

Inscription requise aux deux programmes

Contrairement à l’aide offerte par le gouvernement du Québec, dans le cadre des mesures de lutte à l’inflation, les personnes admissibles aux programmes fédéraux, doivent s’inscrire. Il est donc, possible de le faire par téléphone ou de s’inscrire en ligne dans la section mon dossier de l’ARC. Les personnes admissibles inscrites au dépôt direct, recevront leur argent dans les 5 jours ouvrables, alors que celles qui opteront pour le chèque le recevront dans un maximum de 15 jours ouvrables.

Des balises plus serrées pour la prestation dentaire pour enfants

La prestation dentaire canadienne est destinée aux enfants n’ayant pas accès à un régime privé d’assurance dentaire et dont le revenu familial net est inférieur à 90 000 $ dans la déclaration de revenus de 2021. Le paiement annuel maximum par enfant s’élève à 650 $, mais diminue graduellement au fur et à mesure que le revenu se rapproche du seuil maximum admissible.

Il sera possible d’obtenir les fonds avant même, la visite chez le dentiste, ce qui aidera les moins nantis à composer avec des factures parfois très salées. Les parents devront alors fournir le nom du dentiste et la date prévue du rendez-vous. De plus, il faudra préciser l’identité de l’employeur des parents afin d’éviter que les prestations ne servent à un enfant qui est déjà assuré par un régime d’assurance privée.

Des services dentaires plus avantageux que le régime provincial pour les petits Québécois de moins de 10 ans

Puisqu’au Québec, certains soins sont déjà couverts pour les enfants de moins de 10 ans, cela n’empêchera pas les parents québécois de bénéficier du programme fédéral qui ratisse plus large, tant sur le plan de l’âge que des soins. Les sommes versées par le fédéral couvriront tant les services de prévention que ceux de réparation, ce qui n’est pas le cas au Québec alors que les nettoyages, les détartrages et l’application de fluorure, par exemple, ne sont pas remboursés par le régime provincial d’assurance maladie. L’important est de conserver ses factures en cas de vérification, puisqu’il est possible que des vérifications ponctuelles soient faites, afin de valider si les dépenses engagées ont bel et bien été effectuées dans le cadre de soins dentaires.

Si Ottawa souhaite s’épargner la lourde tâche de traiter des centaines de milliers de reçus, au préalable, la seule ombre au tableau est qu’il verse le montant maximale admissible à l’avance, sans se soucier réellement si d’autres soins seront nécessaires ultérieurement et ce, peu importe la facture réellement payée.

Une aide aux locataires

Si les propriétaires résidentiels souffrent des taux d’intérêt qui montent sans cesse, la situation n’est guère plus reluisante du côté des locataires à faible revenu consacrant plus de 30 % de leur revenu net à leur logement, ce qui leur laisse bien peu de manœuvres pour les autres dépenses essentielles. Le gouvernement fédéral versera, à ces locataires, une prestation unique de 500 $, non imposable, seulement s’ils en font la demande. Les critères d’admissibilité sont les suivants:

Être âgé d’au moins 15 ans au 1er décembre 2022, le revenu net total du ménage ne doit pas dépasser 35 000 $, dans le cas d’un couple avec ou sans enfant, ou d’une famille monoparentale. Pour les personnes vivant seules, le revenu net maximal est fixé à 20 000$. Il faudra, de plus, fournir les coordonnées du propriétaire à des fins de vérifications.

Bien que ces mesures puissent aider certains ménages à faire face à la crise inflationniste actuelle, seront-elles suffisantes pour aider les ménages canadiens à absorber l’augmentation des prix à la consommation et autres coûts liés aux biens de première nécessité. On est également en droit de s’interroger sur la pertinence de créer des niches de populations admissibles, puisque certaines tranches de la population ne bénéficieront d’aucune aide. C’est le cas des aînés, dont les coûts d’hébergement en résidence, demeurent exorbitants et ne bénéficiant pas de la gratuité des soins dentaires et dont les revenus de pension demeurent fixes. De même, les couples sans enfant de la classe moyenne, laissés pour compte pour la plupart des mesures, ainsi que les propriétaires résidentiels à faible et moyen revenu qui doivent absorber les hausses de taux d’intérêt sans obtenir la moindre compensation, qui bénéficiaient d’une belle qualité de vie, risquent de se retrouver du côté des nécessiteux.

Martine Dallaire, B.A.A.

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