
Thélyson Orélien est un écrivain, chroniqueur, originaire de Haîti et résidant au Canada depuis 2010. Son premier roman primé C’était ça ou mourir[1] (2026) rencontre un succès mondial.
Jonas Dorléon se bat pour partir, dépasser les frontières. Se surpasser est le maître mot : « Avant de comprendre les saisons, j’ai compris le déplacement. Le mouvement forcé. Je viens d’un pays où le temps n’avance pas en mois, mais en secousse » (p. 254). C’est dans cet esprit que le roman se construit. D’épreuve en épreuve, de frisson en frisson, le personnage principal suit son chemin pour atteindre son objectif. Le vécu interpelle et accorde un grand intérêt aux relations humaines, pour ne pas avoir le sentiment de la solitude : « Quand tu dérives entre le Pérou et l’Équateur, à minuit sur un radeau bricolé, la fraternité, c’est un luxe inutile. Tout ce que tu veux, c’est ne pas mourir (p. 113).
Tenter de rester debout
Décider de quitter son pays est une manière d’accepter les différentes péripéties qui restent à venir. C’est-à-dire braver les difficultés croisées en étant fort, essentiellement moralement. Ne pas tenir compte des diverses douleurs qui peuvent résulter des humiliations : « J’étais dans un centre de détention temporaire (…) Une salle sans humanité, on appelait ça un « centre d’accueil. » (p. 203).
Emigrer est une manière de mourir dans son propre pays et renaître ailleurs. Encore faut-il pouvoir garder sa dignité, compte tenu du changement brutal qui peut gifler l’émigrant.
C’était ça ou mourir est un roman à explorer, nonobstant toutes les critiques non fondées. Le lecteur se doit d’accorder son attention au texte et non aux commérages.
Lamia Bereksi Meddahi
[1] C’était ça ou mourir | Thélyson Orélien | Éditions Grasset | 2026 | 267 pages
