Lorsqu’un patient hospitalisé est jugé « apte » à quitter l’hôpital mais que son état nécessite un hébergement en centre de soins de longue durée (CHSLD), une période de transition s’installe. Ce processus, bien qu’encadré, réserve parfois des surprises financières importantes aux familles. 

Le statut de « patient de niveau de soins alternatifs » (NSA)

Dès que l’équipe médicale décrète que l’état d’un patient est stable, celui-ci n’est plus considéré comme nécessitant des soins aigus. S’il ne peut pas retourner à domicile et doit attendre une place en hébergement, l’hôpital commence alors à facturer les frais de séjour, comme s’il était déjà en CHSLD. 

Le manque de transparence dénoncé

Plusieurs familles témoignent d’un manque de clarté lors de la signature des formulaires administratifs :

  • Complexité des documents : Les informations relatives aux frais de séjour sont souvent situées en deuxième page ou dans des encadrés peu mis en évidence, alors que l’attention des proches est mobilisée par le choix des établissements.
  • Communication verbale insuffisante : Les intervenants sociaux mettent l’accent sur les critères de placement, mais omettent parfois de préciser que la facturation débute immédiatement à l’hôpital dès que le patient est classé « stable ». 

Des coûts élevés pour les proches

Les frais peuvent s’élever à plusieurs milliers de dollars. Pour les familles, cette situation est perçue comme une forme de « frais cachés », d’autant plus que les soins prodigués à l’hôpital ne sont plus toujours adaptés aux besoins spécifiques du patient en perte d’autonomie. 

Les enjeux du système

Cette situation soulève deux problèmes majeurs :

  1. La pression hospitalière : Les gestionnaires font face à une pénurie de lits et doivent libérer des places pour les cas urgents, créant une tension entre l’administration et les familles.
  2. Le soutien aux proches aidants : Le manque de ressources à domicile force souvent le passage vers le CHSLD, une transition émotionnellement lourde où la charge financière devient un stress supplémentaire.

Carole Dumont