Les acouphènes sont des bruits (sifflements, bourdonnements, grésillements, etc.) que l’on entend dans une oreille (ou les deux) ou dans sa tête sans qu’ils aient été émis par une source du monde extérieur. Ce sont donc des perceptions de sons ou sensations auditives qui ne sont pas causées par un bruit extérieur. Leurs symptômes sont souvent liés à un traumatisme acoustique ou au vieillissement de l’oreille.

Le son perçu est différent selon les personnes et peut ressembler à un bourdonnement, sifflement, grincement, sonnerie, chuintement, vrombissement, gazouillis, cliquetis, etc. Le bruit entendu survient soit brutalement à l’occasion d’un évènement (concert bruyant, épisode de stress…), soit progressivement, et est constant ou intermittent. Il peut être plus intense dans certaines circonstances (fatigue, stress, changement de position de la tête…) ou à certains moments (le soir par exemple). Il est perçu dans une seule oreille ou dans les deux et parfois dans la tête au sommet du crâne.

Les acouphènes peuvent être accompagnés d’une diminution de l’audition ou d’une hyperacousie (sensibilité excessive aux sons et au bruit).

Et si certains aliments comme le café et le sel pouvaient également déclencher ou amplifier les acouphènes ? Selon une publication de la plateforme spécialisée Hearing Health & Technology Matters (HHTM) en février 2026, il n’est pas prouvé scientifiquement que ces aliments aggravent les acouphènes de manière systématique. Cependant, ils peuvent jouer un rôle de déclencheur individuel chez certaines personnes. L’Association américaine des acouphènes (ATA) a également publié un contenu allant dans le même sens.

« On conseille souvent aux personnes souffrant d’acouphènes d’éviter la caféine et de réduire leur consommation de sel, comme si ces substances aggravaient directement leurs acouphènes. Nombreux sont les patients qui renoncent au café, adoptent un régime pauvre en sel et surveillent attentivement chaque bouchée et chaque gorgée, pour finalement constater que leurs acouphènes semblent inchangés. », a déclaré Jennifer J. Gans, psychologue clinicienne de renom, spécialisée dans la gestion des acouphènes à San Francisco (Etats-Unis).

En ce qui concerne le sel, il est parfois question d’un lien indirect. Chez certaines personnes, le sel peut augmenter la pression artérielle et provoquer une rétention d’eau, affectant potentiellement la pression des fluides dans l’oreille interne. Néanmoins, la majorité des études ont démontré que pour la majorité des gens, il n’est aucunement question d’effet déclencheur ou d’impact significatif sur la perception globale de l’acouphène. Précisons tout de même que chez les patients atteints par la maladie de Ménière, une alimentation pauvre en sel peut aider à stabiliser les symptômes, dont les acouphènes.

À noter que la maladie de Ménière est un trouble chronique de l’oreille interne caractérisé par des crises de vertiges, des acouphènes et une perte auditive progressive. La maladie de Ménière touche l’oreille interne et se manifeste par des crises soudaines de vertiges rotatoires, souvent accompagnées de nausées, vomissements, acouphènes (bourdonnements ou bruits dans l’oreille) et d’une sensation de plénitude ou de pression dans l’oreille affectée. La perte auditive est généralement unilatérale au début et peut s’aggraver progressivement au fil du temps.

Pour ce qui est du café, il s’agit plutôt d’un mythe persistant. Contrairement aux idées reçues, une immense majorité des études menées sur le sujet appuient une absence de lien direct entre la caféine et le déclenchement ou l’aggravation des acouphènes. Au contraire, certains travaux ont conclu qu’une consommation régulière de café pourrait réduire le risque de développer des acouphènes chez certaines populations, principalement les femmes. En revanche, chez les personnes déjà atteintes, arrêter brusquement le café peut générer du stress, de l’anxiété et des migraines qui pourraient rendre les acouphènes plus perceptibles.

Concernant le stress si ce dernier est la cause ou le facteur aggravant des acouphènes ? Notons que les acouphènes sont dans la plupart des cas difficiles à identifier. Parfois, ils sont dus à un déséquilibre du système nerveux. Le stress contribue, alors, à la survenue de bourdonnements d’oreilles, temporaires ou pérennes. Un choc psychologique, émotionnel comme un décès, peut également favoriser la présence d’acouphènes.

Seulement, il n’est pas scientifiquement prouvé que certains acouphènes sont causés par celui-ci. Cependant, les personnes acouphéniques témoignent souvent de la corrélation étroite entre acouphène et augmentation de l’anxiété et de l’irritabilité. Ce lien est encore plus fort chez les patients souffrant d’une perte auditive.

Si l’origine de la manifestation des acouphènes est difficile à établir, une certaine aggravation est observée pendant des périodes de stress. Dans un contexte anxiogène, les crises d’acouphènes et l’intensité des bourdonnements et des sifflements peuvent se révéler plus invalidantes.

Enfin, rappelons que pour l’heure, il n’existe aucun remède miracle contre les acouphènes. Seules certaines astuces et moyens permettent de les atténuer. Citons tout d’abord la capacité du cerveau lui-même à ignorer le bruit, comme il est possible d’oublier le tic-tac d’une horloge ou encore, les thérapies sonores consistant à utiliser un « bruit blanc » (pluie, vent) pour masquer les acouphènes. Cependant, de récentes recherches évoquant un « boutton off » naturel ont visiblement redonné de l’espoir aux personnes les plus atteintes.

Parmi les nombreuses solutions naturelles qui soulageraient les acouphènes, la banane serait un bon complément au traitement médical délivré par un médecin ORL. C’est d’ailleurs un aliment qui peut jouer un rôle dans le bon fonctionnement du système auditif et nerveux, et de votre santé en général.

Mohand Lyazid Chibout (Iris)

By Mohand-Lyazid Chibout

Mohand Lyazid Chibout (nom de plume Iris), né à Ait Soula, dans la commune de Chemini à Béjaïa en Algérie, est un écrivain, poète, correcteur (édition, presse) et chroniqueur algérien kabyle d'expression française. Il a publié : Traduire un silence (2010), Amoureux-nés (2010), La Finitude (La haine de soi) (2014), Les Saisons mortes (2018), Les Lumières de l'ombre, recueil de réflexions et aphorismes (2023)