La robotisation du monde du travail semble un processus irréversible, comme le corroborent les études menées dans les pays développés. Selon une étude de l’OCDE (2016), 9 % des emplois au Canada comptent au moins 70 % de tâches automatisables. Le processus prend, en effet, une allure effrénée comme le révèle le rapport du Boston Consulting Group (2015) qui, selon un scénario devenu célèbre, prédit une multiplication par quatre des robots présents sur le marché du travail à l’horizon 2025. L’arrivée en masse des robots, qualifiée de « quatrième révolution industrielle » par le Forum économique mondial, aura inéluctablement un impact sur le marché de l’emploi.

Votre emploi pourrait-il être piqué par un robot ?
Une récente étude du Bureau de recherches économiques américain (2017), menée par deux chercheurs de l’Université de Boston (Pascual Restrepo) et du MIT (Daron Acemoglu), montre que lorsqu’un robot est introduit dans une industrie, il entraine la destruction de 6,2 postes dans la zone géographique concernée. En effet, le robot ne remplace pas seulement un travailleur, mais il a des répercussions sur l’ensemble de l’économie dépendant de l’industrie en question. L’utilisation massive des robots, favorisée par plusieurs facteurs (baisse continue du coût des robots, amélioration de la performance, réduction du coût de production, élimination des syndicats…), va-t-elle détruire tous nos emplois ?

Le rapport du cabinet de conseil Mckinsey (2016), concernant son étude menée sur près de 2000 activités associées à plus de 800 professions et la robotisation du travail, montre dans quelle proportion l’automatisation pourrait se faire dès à présent. D’après ce rapport, la robotisation du travail touchera, sans exception, tous les secteurs de l’économie à différents degrés.
Le secteur de la restauration et de l’hébergement serait le plus touché avec un potentiel de robotisation de 73%. Vient ensuite l’industrie manufacturière, déjà concernée par ce phénomène où les robots peuvent exécuter potentiellement 59% des tâches sur les chaines de fabrication et de montage. En troisième position la robotisation touchera les activités ayant trait à la collecte et à l’analyse des données, et ce, quel que soit le type de profession. D’après ce rapport, plus de 60% de ces activités seront potentiellement automatisées, notamment celles qui concernent le secteur de la finance où la robotisation a déjà atteint 43%.

Quelles sont, cependant, les activités qui continueront à avoir besoin d’une main d’œuvre humaine ?
En effet, ce sont les activités liées à la créativité et aux relations interpersonnelles qui seront à l’abri de la robotisation. L’étude du cabinet Deloitte (2016) a révélé les métiers qui présentent un faible risque de robotisation. Dans la catégorie des métiers qualifiés, on trouve d’abord les psychologues (1% de risque), suivis par les médecins, les kinésithérapeutes, les ingénieurs et les architectes qui ont 2% de risque de céder leurs emplois à un robot. Concernant les métiers qui requièrent peu de qualification, on trouve ceux liés aux services à la personne.

Sofiane Idir

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