«Je souhaite aider les femmes qui ont été victimes d’agressions à caractère sexuel»

Mère de trois grands enfants, heureuse mamie de trois belles petites filles en santé, Pascale aime profondément l’être humain, une vraie passionnée de la santé globale et du mieux-être. Elle a suivi plusieurs formations et a reçu des attestations et certifications dans plusieurs disciplines ; en Hypnose, Pnl, méditation, mots d’affirmation positifs, problématique des agressions à caractère sexuel, soins énergétiques divers, une intervenante d’ateliers créatifs et reprogrammation du cerveau pour une vie meilleure. Pascale est formatrice et conférencière, mais aussi ambassadrice du groupe de réseautage GoConnexions établit à Verdun, à Montréal.

Aimante de la vie, elle est dynamique, optimiste, souriante, sociale et authentique. Cette coach de profession cherche constamment à s’améliorer et à se former afin de donner le meilleur d’elle-même. Sa passion ? C’est la santé autant physique que mental, émotionnelle, comprendre les émotions de ses clients et du monde qui l’entoure, la santé des gens.

Pascale n’est pas tombée loin du pommier de son père qui était naturopathe, homéopathe, phytothérapeute et infirmier de profession. Lui aussi était passionné pour le mieux-être des gens, elle a suivi les traces de son père. Pascale est aussi artiste peintre. Elle n’en parle pas souvent…petite cachotière ! Mais pour ceux et celles qui veulent aller voir ce qu’elle a réalisé comme œuvres, dont elle a vendue et offert plusieurs, ils n’ont qu’à aller sur sa page Facebook « Pascale Major Artiste-Peintre », ça vaut le détour !

Cette nuit du 14 au 15 décembre qui a tout brisé !

Mais avant de devenir la femme entrepreneur qu’elle est aujourd’hui, Pascale a souffert de différentes maladies et malaises physiques et psychologique durant plusieurs années, souffert de mots enfouis en elle, suite à un évènement qu’elle a vécu à l’âge de 18 ans et neuf jours, et qu’elle a gardé en secret pendant presque une trentaine d’années.

Pascale a été victime de viol par quelqu’un de sa famille, par le conjoint de sa plus grande sœur (trois enfant). Violée le soir où sa sœur accouchait d’une césarienne de son deuxième enfant, alors qu’elle se trouvait là pour s’occuper de leur premier bébé le lendemain matin et pour la journée, pour que son beau-frère « le violeur » puisse aller travailler et aller à l’hôpital ensuite. Faire le bien pour récolter le mal…quelle belle récompense !

Un grand manipulateur selon Pascale, un très bon gars aux yeux des gens, un gendre préféré, un oncle préféré, un beau-frère préféré, un amoureux merveilleux, que même Pascale a vénéré et adoré. Il était comme son grand frère, son protecteur, elle avait une confiance aveugle en cet homme-là, avant cet évènement.

Il a réussi avec toutes sa manipulation, à lui faire croire qu’elle était consentante, bien qu’il l’ait réveillé durant la nuit…mais il était déjà trop tard, il avait déjà commencé son agression ! Elle a comme eu peur que ça aille plus loin, qu’allait-il faire de plus ? Allait-il la frapper ou pire ? Elle avait beau lui dire non, tenter de le repousser, il n’y avait rien à faire ! Mais il ne comprenait pas le mot « non », elle sorti alors de son corps, elle était comme plus là !

Pascale avoue avoir beaucoup de trous noirs durant cet évènement-là. Ayant supporté tout ça durant tout ce temps-là, cela a occasionné des problèmes de santé et des dommages collatéraux, ses relations de couple n’étaient pas géniales, même si elle a vécu 11 ans avec le père de ses trois enfants.

Qui est Pascale Major ?

Je suis la cinquième de cinq filles, je suis originaire de Mont-Saint-Hilaire (Municipalité située dans la Rive sud de Montréal), à quatre ans, on déménage à Montréal, dans le quartier Rosemont, ensuite après le divorce de mes parents, je suis parti vivre avec ma mère et deux de mes sœurs, j’avais alors 13 ans. Je m’en suis bien sorti durant mon adolescence, bien que dans le quartier St-Michel, il y avait des gangs de rue, c’était un quartier pauvre, un peu dure, pas toujours facile et évident de faire sa place.

J’ai lâché l’école en secondaire 5, il ne manquait pas grand-chose pour que je le termine, mais je vivais beaucoup d’harcèlement à l’école, harcèlement psychologique et intimidation, une histoire de jalousie qui n’avait même pas eu lieu d’être. J’étais toute seule là-dedans à me défendre, puis un jour j’en ai eu assez. J’ai lâché l’école et je suis allé vers le marché du travail, j’ai quand même rencontré le père de mes enfants, avec qui j’ai été 11ans. Je suis tombé enceinte assez jeune, parce que pour être grand-mère trois fois à mon âge…J’ai eu mon premier fils à l’âge de 20 ans, ensuite de ça, quatre ans plus tard ma fille est arrivée, après ça Benjamin mon dernier, qui est maintenant âgé de 20 ans.

Que fait Pascale dans la vie ?

Dans non ancienne vie, j’étais horticultrice, j’ai travaillé pour la ville de Montréal pendant deux ans, dans les parcs. Mais j’ai été forcé d’arrêter après un accident de travail à l’épaule, suivi d’une longue série d’essaies de retour au travail, de physiothérapies, et je me fais opérer à l’épaule. Seulement deux pour cent ne réussissaient pas cette intervention, et j’en faisais partie ! Mais bon, je pense que la vie avait un grand plan pour moi, autre qu’être horticultrice pour la ville de Montréal. Entre l’accident de travail et la prise de décision de retourner au travail, quatre années sont passées, à chaque fois que je tentais de retourner au travail, j’avais des symptômes incroyables, ce n’était pas psychologique, c’était réel !

Mon premier projet, une idée folle avec une de mes amies, je rêvais d’avoir mon bureau, en trois jours c’était fait, un local à Sainte-Thérèse qu’on a partagé pendant un an. J’offrais des soins énergétiques et de l’hypnose. J’avais une belle clientèle. Avec la pratique, mes clients me disaient : « Je ne sais pas ce que vous me faites, mais ça me fait vraiment du bien, ça me fait du bien quand vous me mettez la main dans le dos. » De fil en aiguille c’est la vie qui m’a emmené vers ce chemin. La vie était patiente, j’allais suivre les formations, cette vie qui me donnait des papillons dans m’estomac.

Actuellement, je suis génératrice et accélératrice de mieux-être, mon entreprise se nomme Santé Globale Mieux-être. Je suis coach et conférencière. Voici mes services (La plupart de mes services peuvent se faire à distance) : Rééquilibrage énergétique (Soins d’expansion et de reconnexion), harmonisation des chakras par les diapasons et par exercice puissant, méditation hypnotique guidée, ateliers créatifs, art-thérapie, guide et Coach spirituel, conférencière pour prévenir et/ou aider les jeunes filles et les femmes victimes d’agressions à caractère sexuelle. Mon bureau est situé sur le boulevard Cousineau à St-Hubert.

Je conseille mes clients sur la nutrition, la santé, l’exercice et la méditation, et j’assure un service après-vente. Je réponds dans les 24 heures habituellement. J’offre des soins énergétiques, mes clients repartent après avec des enseignements et des exercices à faire, des trucs et des astuces, des méditations, suggestions positives, ils repartent toujours avec des devoirs à faire. Je ne sais jamais à quoi va ressembler un soin, car je me laisse guider par plus grand que moi.

Quand est-ce que vous avez décidé de dévoiler ce qui vous est arrivé ?

Quand j’ai commencé à suivre des formations en énergie, pour m’aider moi-même, je doutais qu’il y avait des mots non-dits, mais je n’étais pas prête encore à les affirmer. Je n’avais jamais pensé que je ferais ça comme métier, aider les gens. Je voulais le faire pour moi d’abord en premier. Je n’allais pas bien, j’allais de mal en pis. Je cherchais comment m’aider moi-même, m’auto-guérir, car je m’étais toujours auto-consolée, mais il me manquait le savoir-faire, les techniques et la pratique. Ensuite, j’aurais la possibilité de venir en aide aux autres.

À qui je pourrais en parler ? Il est le beau-frère préféré, le gendre préféré, l’oncle préféré, le meilleur ami, le père merveilleux, le conjoint fantastique et j’en passe ! À ma meilleure amie ? J’allais avoir des jugements aux yeux des autres, aux yeux de ma famille, j’étais qui moi pour me battre en Goliath ?

Mais ça commençait à remonter à la surface, puis à un moment donné, c’est comme si quelqu’un était venu me parler, mon guide, mon ange, qui me dit c’est aujourd’hui que ça se passe, et moi de lui répondre, je n’ai pas son numéro de téléphone…on m’a répondue Facebook ! Et c’est cette journée là que j’ai contacté le violeur, pour lui dire ce que j’avais vécu durant toutes ces années-là. Je croyais que ça allait me libérer de lui de le confronter et lui dire en face, je ne pouvais pas continuer dans le politiquement correct !

Après son appel, je lui dis que j’avais besoin de parler. Nous nous sommes rencontrés en personne quelques heures plus tard, je lui ai dit ce qu’il m’avait fait cette nuit-là, qu’il m’a créé plusieurs dommages, et ce, dans toutes les sphères de ma vie. Mais ça n’a pas donné les résultats escomptés. Il a raconté que des menteries après, quand c’est sorti au grand jour, il est allé dire que c’était consentant, une histoire de massage qui a tourné autrement…quand bien sûr, ce n’est pas vrai ! Et c’est ainsi que j’ai perdu toute ma famille, personne ne m’a cru sur le moment ! Par contre, ma sœur juste avant moi, à qui il avait avoué un jour qu’il venait de faire une très grosse bêtise, lors d’une conversation téléphonique entre elle et moi sur le sujet, et lorsque j’ai prononcé le mot « viol », elle est devenue en état de choc. Elle n’avait jamais fait le lien. Pour elle à l’époque, elle aussi avait crue à sa version du consentement. C’est à partir de ce moment que tout a commencé à changer.

Toutes ces années à garder ce secret, pour quelle raison ?

Ça m’a pris 26 ans avant d’en parler. Durant toutes ces années, durant les fêtes et réunions de famille, il y était. Il me disait des trucs quand on se retrouvait seul dans une pièce du genre « Comment ça tu es venue avec lui ? Tu sais que ça me rend jaloux ! » ou « Maudit que tu sens bonne, je vais avoir de la misère à me retenir !»  Et moi, je faisais comme si rien ne s’était passé, pour ne pas briser la famille à ma sœur ! Aujourd’hui, ça fait plus de 30 ans.

Il avait tellement bien orchestré sa manipulation, que durant des années, j’ai cru que j’avais été autant coupable que lui ! Un jour, ma sœur juste avant moi est venue me donner un coup de main quand j’ai eu mon premier fils. Elle m’a dit qu’elle était au courant pour moi et le beau-frère puisqu’il lui avait téléphoné 2 ou 3 jours après l’événement pour lui dire qu’il avait fait une grosse connerie. Elle n’a pas voulu entendre l’histoire au complet et lui a dit qu’elle ne voulait plus jamais en reparler. Elle a donc elle aussi crue qu’il avait eu une aventure consentante avec la petite belle-sœur. Je venais d’avoir 18 ans depuis 9 jours. Donc chaque année, quand c’est l’anniversaire de ma nièce, je ne peux oublier ce qui s’est passé dans la nuit du 14 au 15 décembre.

Reste-t-il des séquelles de cette agression ?

Sexuellement…non ! Par contre émotionnellement…oui ! Il reste encore des éléments qui me déclenchent. Que ce soit avec mes amis-es, mon amoureux, mes enfants, mes sœurs…mais surtout avec ma mère, qui encore aujourd’hui ne croit pas à mon histoire et le considère comme un membre à part entière de la famille. Pour elle, quand je lui demande d’éviter de me parler de lui, elle me dit que je ne suis pas gentille de dire ça. Je crois que c’est ce qui est le plus difficile et ça me fait vivre beaucoup d’injustice !

Comptez-vous vous battre jusqu’à ce que les membres de votre famille finissent par vous croire ?

Me battre ? Non. En parler et raconter mon histoire, militer pour les jeunes filles et les femmes à leurs éviter et/ou s’en libérer…oui ! Sur mes 4 sœurs, il en reste une qui ne veut pas y croire…celle qui vit encore avec lui. Elle vit vraiment toute seule avec lui…plus aucunes autres la côtoie. Elle ne voit que ma mère et son conjoint violeur. Depuis mon dévoilement en 2014, en 6 ans, il y a eu beaucoup d’évolution. De belles conversations avec certaines de mes sœurs qui étaient maintenant prête à entendre mon histoire et comment moi j’avais vécue tout ça durant toutes ces années.

Pourriez-vous un jour pardonner à votre agresseur ?

Lorsque je l’ai entre guillemettes ‘’confrontée’’ ou si vous préférez, lorsque je lui ai dit face à face tous les dommages que tout ça m’avait causé…j’ai fait un processus de pardon. Vous savez, quand on pardonne, on ne le fait pas pour l’autre…mais pour soi. Ce en quoi j’ai encore de la difficulté, c’est qu’il ait encore sa place au sein de la famille, aux yeux de ma mère et ma sœur la plus vieille…ça, ça ne passe pas !

Vous voulez aider les femmes qui ont été victimes d’agressions à caractère sexuel, comment vous vous y prenez ?

« Principalement, je souhaite fortement aider les jeunes filles et les femmes qui ont été victimes d’agressions à caractère sexuel, c’est ces dames-là, ce sont elles que je veux aider. Des femmes violentées mais aussi des hommes qui ont des femmes qui ont été violentées, mais qui ne savent pas trop quoi faire. Ce n’est pas évident d’être le conjoint d’une femme qui a été agressé sexuellement, je les aide à apprendre à se déculpabiliser.

En d’autres termes, ma mission personnelle est d’aider les femmes à retrouver leur pouvoir, à se reconnecter avec la femme qu’elles sont, et de laisser le passé se libérer. C’est comme ça que je l’ai vécu, j’en ai parlé beaucoup, j’ai suivi une thérapie après 30 ans avec la C.A.L.A.C.S, j’ai appris à me pardonner et à pardonner à l’autre. Quand on pardonne, ce n’est pas pour l’autre, mais pour soi ! Alors pourquoi ne pas le faire pour moi ? C’est important de se pardonner soi-même…Alors j’aide les femmes à embarquer dans cette démarche-là, pour arriver à un pardon total, pour qu’elles soient capables de vivre une vie amoureuse harmonieuse et sexuelle épanouie. J’en ai longtemps été privée.

J’ai connu une vie sexuelle épanouie à l’âge de 45 ans, c’est long, j’en ai perdu des années ! Aujourd’hui, ma vie sexuelle va très bien, et l’homme avec qui je suis est très chanceux (rires)

Oui je souhaite aider les jeunes filles et femmes en donnant des conférences dans les écoles secondaires, associations de femmes, etc. Sur ma vie, ce que moi j’ai vécu. Pour que les garçons comprennent que non, veut dire non ! Si la fille n’est pas prête, ne force là pas ! Ça va créer des dommages collatéraux longtemps. Et puis, si le gars t’aime vraiment, même si tu lui dis non, il va respecter, ne dis pas oui par peur de pas être aimée ou de le perdre. Peut-être, qui sait qu’un jour je créerai une association par exemple ? Qui sait où cela va me mener !

Avez-vous déjà eu l’occasion d’offrir vos services à une femme victime ou à son conjoint ? 

Oui avec une de mes sœurs avec qui j’ai repris contact. Je ne m’attendais pas à ça. Durant plus de 2 heures, je lui ai fait une séance de coaching en reprogrammation du cerveau, avec de la PNL et du EFT. Elle s’est sentie libérée de 200 lbs qui pesaient sur ses épaules. Elle avait une très mauvaise opinion d’elle-même avant la séance…et par la suite, comprenait qu’elle était entrée dans une roue et qu’elle était sous l’emprise de son agresseur…son propre conjoint avec qui elle avait été 4 ou 5 ans. Aussi, lors de mes conférences, plusieurs femmes sont venues me voir pour se confier. Par contre, aucunes n’est venues me consulter…peut-être est-ce la peur ou la honte…je ne sais pas !

Cette histoire ne mérite-t-elle pas plus d’éclaircissements ? Un livre par exemple ?

Oui je crois qu’il y a beaucoup trop de secret de famille et ce, dans toutes catégories et couches de la société…riches ou pauvres et toutes religions ou croyances spirituelles…malheureusement ! Le violeur n’a pas idée des conséquences et des dommages collatéraux qui peuvent perdurer et détruire plusieurs personnes, voire plusieurs familles par ce geste grave. Écrire mon histoire pourrait sauver plusieurs vies ! J’y songe très sérieusement à écrire un livre d’ailleurs !

Un message à transmettre ?

La femme n’est pas un objet qu’on utilise comme bon nous semble. Elle n’est pas un jouet sexuel non plus. Une chose qu’on peut frapper, violer, maltraiter. Elle est la fille de quelqu’un, la femme de quelqu’un, la mère de quelqu’un…celle qui a portée, voulue, désirée, aimée depuis le jour où elle a donné la vie. Si elle n’avait été, si elle n’existait pas…il n’y aurait pas d’humain sur terre ! Voici le message que j’aimerais laisser aux jeunes hommes et aux hommes de la prochaine génération, et rééduquer ceux et celles qui n’en avaient pas conscience jusque-là. Aussi, c’est à nous d’éduquer nos enfants, nos fils et nos filles de demain, les futurs hommes et femmes, nos futurs dirigeants (es) à prendre soins les uns des autres. Après tout…Nous ne faisons qu’un !

Entretien réalisé par Hamid Si Ahmed

Read previous post:
Souldia

Backstage, le 8e album du rappeur originaire de Québec Souldia est un fascinant laissez-passer VIP dans les coulisses. Disponible le...

Close