Les incertitudes qui planent autour de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le ralentissement de l’économie, les politiques accommodantes des Banques centrales, le risque déflationniste et le poids de la dette sont autant de faits qui présagent, d’après les observateurs économiques, une nouvelle crise financière !

Les facteurs d’une éventuelle crise

Pour endiguer la crise financière qui a frappé l’économie mondiale en 2007-2008, les Banques centrales ont mis en œuvre des politiques monétaires exceptionnelles, dites non conventionnelles, qui se sont traduites par la baisse des taux directeurs (en corollaire les taux d’intérêt), l’achat massif des titres pour inonder le marché de liquidité et l’ouverture élargie de l’offre de crédits.

Malgré des facilités de financement grâce aux politiques monétaires accommandantes (taux d’intérêt bas) et aux avantages fiscaux, notamment aux États-Unis, les grandes firmes n’ont pas réalisé des investissements productifs à la hauteur de ces largesses, préférant investir en Bourse en rachetant leurs propres actions (acquisition de son propre titre sur les marchés). L’objectif derrière cet exercice est de baisser le nombre d’actions en circulation, ce qui entrainera la valorisation de celles-ci en Bourse à long terme. Aux États-Unis, cette pratique a atteint des sommets, stimulée notamment par les avantages fiscaux accordés par l’administration Trump aux entreprises et par les facilités de financement (recours un endettement supplémentaire). Si cette pratique s’avère bénéfique pour l’entreprise, elle n’en est pas nécessairement pour la société et l’économie. Il serait plus stimulant pour l’économie de débourser cet argent dans des investissements productifs en créant de l’emploi et en améliorant les conditions des employés. Cette situation se traduit par des performances comptables et boursières qui ne sont pas liées à l’économie réelle, mais aux opérations financières (rachats d’actions, endettement…). Rien n’assure que cette situation favorable se maintient à l’avenir, notamment avec les signes annonciateurs d’une récession qui touche l’économie américaine. En effet, la production manufacturière, les marchés de l’emploi et de l’immobilier commencent à s’essouffler. Cette récession s’alimente davantage de l’incertitude qui entoure la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Si la récession persistait aux États-Unis, cela entrainerait la baisse de la consommation des ménages et des revenus des entreprises. Dans ce cas, les entreprises se retrouveront dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, ce qui affectera le secteur bancaire. En somme, l’économie mondiale risque de vivre la même crise des subprimes en 2007, qui avait été occasionné par l’incapacité des ménages américains à rembourser leurs prêts hypothécaires.

Le premier vent de panique !

En effet, les récentes interventions, massives et incessantes, de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur le marché monétaire inquiètent les observateurs économiques et présagent une grave crise financière. Dans un entretien accordé à l’agence de presse multimédia internationale Sputnik France, le journaliste économique Benjamin Masse-Stamberger alerte sur une nouvelle crise financière qui parait inéluctable.

Devant l’opacité qui plane sur le marché monétaire américain où les banques ne sont plus en mesure de se prêter l’argent mutuellement (un financement à court terme indispensable au fonctionnement de l’économie) en raison des risques qui se cachent dans leurs bilans, la Fed est contrainte d’injecter des dizaines de milliards de dollars au quotidien sur le marché interbancaire pour alimenter ce dernier en liquidité. Ce fait montre clairement l’absence de confiance entre les banques et parait comme un signe annonciateur majeur d’une nouvelle crise financière. Benjamin Masse-Stamberger précise que cette opacité est alimentée par les activités non régulées des banques liées aux grands fonds spéculatifs, ce qu’on appelle communément la finance de l’ombre.

Sofiane Idir

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