La cohorte de l’Attestation d’études collégiales (AEC) en métiers d’art du patrimoine bâti est arrivée à son terme.
Offerte par la Formation continue et aux entreprises du Cégep du Vieux Montréal, en collaboration avec le Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ), ce moment marque un jalon historique au Québec. Dispensée dans les ateliers des Forges de Montréal, cette formation de 510 heures répond à un besoin criant de main-d’œuvre qualifiée dans un secteur où les savoir-faire sont rares, mais indispensables à la préservation du patrimoine collectif.
Un succès sans garantie d’avenir
Malgré le succès de cette cohorte, l’avenir de la formation demeure fragile. L’AEC en métiers d’art du patrimoine bâti ne bénéficie à ce jour d’aucun financement récurrent, compromettant ainsi la mise en place des prochaines cohortes dès l’année collégiale 2026–2027.
Dans un contexte de compressions budgétaires touchant les cégeps, cette incertitude met en péril la seule formation diplômante au Québec consacrée à la spécialisation d’artisanes et artisans en restauration du patrimoine bâti.
Un savoir-faire à préserver
La fin de cette cohorte met en lumière autant la réussite de l’initiative que la fragilité de l’écosystème qui la soutient. Sans programme de formation dédié et reconnu, la transmission des savoir-faire traditionnels est compromise, limitant la capacité d’intervention sur les bâtiments patrimoniaux et menaçant la conservation d’éléments architecturaux uniques. Afin d’assurer la continuité de cette formation essentielle, plusieurs pistes d’actions peuvent être explorées aux plans provincial et national :
• instaurer un financement récurrent complet par le ministère de la Culture et des Communications et le ministère de l’Enseignement supérieur;
• renforcer les partenariats avec les secteurs connexes au patrimoine bâti;
• intégrer les métiers d’art du patrimoine bâti aux programmes du Sceau rouge;
• développer des partenariats structurants avec le milieu de la construction.
