Le 30 avril 2015, est entrée en vigueur la réforme du programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires (PTET), annoncée par le ministre de l’Emploi Jason Kenney et le ministre de l’Immigration Chris Alexandre, ce qui a suscité beaucoup de réaction au Québec. Le gouvernement du Québec avait même demandé la suspension de la réforme sur son territoire afin de trouver un terrain d’entente.

La réforme rend plus difficile le recrutement des travailleurs étrangers temporaires qui viennent, en particulier, des pays en voie de développement pour travailler contre un faible salaire. Une autorisation de travail temporaire ne leur sera accordée qu’en dernier ressort, c’est-à-dire lorsqu’on ne trouve pas de Canadiens pour occuper le poste.

Les entreprises québécoises s’inquiètent de la réforme qui augmente les frais administratifs de 275$ à 1000$ pour chaque travailleur embauché, limite le nombre des travailleurs temporaires à faible salaire pour les entreprises de plus de 10 employés, et réduit la durée du permis de travail de 4 à 1 an pour les travailleurs à faible salaire. De plus, les entreprises devront prouver qu’ils ont fait des démarches pour embaucher un Canadien en déclarant le nombre de postulants canadiens, le nombre d’entrevues réalisées et les raisons pour lesquelles aucun candidat n’a été retenu.

Le gouvernement peut même refuser de traiter certaines demandes dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et du commerce de détails.

Le slogan du gouvernement fédéral est «les Canadiens d’abord». Depuis l’affaire Lavoie c. Canada [2002] en Cour suprême, la différence de traitement entre les citoyens et les résidents permanents dans l’accès à la fonction publique fédérale n’est pas une discrimination. À plus forte raison lorsque la comparaison concerne les étrangers temporaires, sauf qu’ici il ne s’agit pas de l’accès à la fonction publique mais à des emplois précaires. S’agit-il d’une préférence légitime ?

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