La loi québécoise prévoit que lorsqu’un employeur offre une assurance collective, tous ses employés admissibles ont l’obligation d’y adhérer. De nombreux salariés estiment qu’il s’agit d’un avantage social indéniable. Or, il s’avère que pour plusieurs d’entre eux plus particulièrement pour certains travailleurs à faible revenu ou de la classe moyenne, la présence d’une assurance collective pour les soins de santé constitue plutôt un désavantage en raison des coûts exorbitants.

Le montant de la prime d’assurance payée dépend de plusieurs facteurs. D’abord, le secteur d’activités influence le coût. Il peut être plus coûteux de s’assurer dans un secteur d’activités où les risques de blessures sont élevés comparativement à un secteur d’activités plus sécuritaire comme le secteur des services. Aussi, l’âge moyen du personnel assuré contribue au coût de la prime. Il est plus cher d’assurer des travailleurs dont l’âge moyen est de 50 ans que de 30 ans. Aussi, comme pour les autres types d’assurances, une franchise élevée diminue le coût des primes. De même, le nombre de réclamations de l’entreprise y est pour beaucoup. Plus on a de réclamations, plus le coût est élevé. La situation matrimoniale (nombre de dépendants) de l’assuré influence également le coût. Une personne seule coûte moins cher à assurer qu’un chef de famille. Finalement, certains assureurs modulent la prime en fonction du nombre et du type de réclamations de l’assuré.

Prenons par exemple, le cas d’un gestionnaire de sexe masculin en bonne santé, début cinquantaine, marié et père d’un adolescent et œuvrant dans un secteur sans risque physique et dont l’âge moyen chez l’employeur se situe dans la mi-quarantaine. Son salaire est de 50 000$/année et il paie 100$ par semaine en prime d’assurance collective, tout en ayant à débourser 300$ de franchise annuelle pour sa couverture d’assurance médicaments ainsi que 300$ pour les frais paramédicaux et un 300$ supplémentaire pour les soins dentaires. Il lui en coûte 6100$ annuellement avant de pouvoir penser à obtenir un quelconque bénéfice de la part de l’assureur. Les primes et franchises représentent à elles seules, 12% de son salaire brut et plus ou moins 17% de son salaire net et ce, sans ne faire aucun achat de médicaments. Assez onéreux pour une personne en bonne santé ! À cela s’ajoute la portion non couverte par l’assureur soit entre 20% et 25% des coûts pour les médicaments et paramédicaux et parfois, 50% pour les soins dentaires. Idéalement, le coût de l’assurance strictement pour les médicaments ne devraient pas dépasser celui du régime public. En ce qui concerne l’assurance dentaire et les frais paramédicaux, ils devraient être à la discrétion du salarié. Imaginons par exemple, un salarié portant des prothèses dentaires renouvelables à tous les 5 ans et dont seulement 50% du coût sont remboursés. Si cela semble friser le ridicule, cela est pourtant la réalité, j’ai pu moi-même le constater chez quelques anciens employeurs.

Si vous estimez que le coût de votre assurance collective est trop onéreux, il peut y avoir quelques solutions pour en réduire les coûts quoique certaines soient plus drastiques que d’autres. Parlez-en d’abord à votre patron, peut-être y-a-t’il lieu de renégocier l’entente avec l’assureur ?  Sinon, comparez le coût avec celui exigé par l’assurance de votre conjoint, s’il est couvert par une assurance. Si vous occupez un emploi en plus d’avoir des revenus de travailleur autonome, peut-être devriez-vous envisager de prendre une assurance-médicaments individuelle, surtout si vous êtes en très bonne santé, vous pourriez réaliser des économies intéressantes.  En dernier lieu, un changement d’emploi (cela semble drastique) avec un salaire légèrement inférieur au vôtre mais dont les primes d’assurance sont entièrement assumées par l’employeur pourrait être la solution.

Martine Dallaire

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