Le contexte géopolitique actuel présente plusieurs risques qui pèsent sur l’économe mondiale, à savoir la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le flou environnant le Brexit, l’exacerbation des tensions au Moyen-Orient et l’instabilité qui règne à Hong Kong.

Dans un contexte fourmille d’incertitudes, l’économie mondiale risque d’en subir encore les soubresauts en 2020 !

L’économie mondiale à la peine en 2020 ?

Après les prévisions pessimistes pour l’année 2019, avec un taux de croissance de l’économie mondiale de 3% (le faible taux depuis dix ans), le Fonds monétaire international prévoit un rebond de 0,4%, soit une croissance de 3,4% pour 2020. Le FMI estime que l’économie mondiale subira les conséquences de la guerre commerciale entre les deux grandes économies de la planète. En 2020, la croissance aux États-Unis subira un ralentissement sensible, avec un taux de 2,1%, alors qu’en Chine, elle connaitra un rebond de 0,3% pour atteindre 6,1% (5,8% en 2019). En plus des tensions géopolitiques, le ralentissement de la croissance mondiale est expliqué par des facteurs structurels, à savoir la faible hausse de la productivité et le vieillissement de la population dans les pays développés. Le rebond de la croissance attendu en 2020 reste précaire et dépend des prouesses économiques des pays émergents et en voie de développement et du règlement des différends commerciaux.

Qu’en est-il de l’économie canadienne ?

Il est notable de rappeler que l’économie canadienne a repris de la vigueur au deuxième trimestre de 2019 en affichant une croissance annualisée de 3,7%. Cette vigueur surprenante dépassant toutes les prévisions se prolongera-t-elle en 2020 dans un contexte d’incertitudes, avec des signes palpables de récession ?

Le 4 décembre 2019 était la dernière date du calendrier de cette année pour l’annonce d’une éventuelle modification du taux directeur par la Banque du Canada. Cette institution a décidé de maintenir son taux directeur inchangé, établi à 1,75 %, depuis la dernière hausse (+0,25) remontant à l’automne 2018, estimant que l’économie canadienne est résiliente malgré les incertitudes. Cette décision est justifiée par la Banque des banques par le fait que l’inflation soit maitrisée (l’inflation moyenne en 2019 est de 1,9%, proche de la cible 2%) et que le marché de l’emploi soit dynamique, ce qui est interprété comme un signe de croissance. En effet, le marché de l’emploi prend de la vigueur avec une création de 248 000 emplois au premier semestre de 2019, dont la majorité à temps plein. Grâce à cette dynamique, le taux de chômage (5,7%) est actuellement proche du creux historique (le plus bas depuis 1976, à savoir 5.4%).

Pour ses prévisions de 2020, la Banque du Canada a revu à la baisse sa projection de croissance, passant de 3,2% à 3,1% en raison des incertitudes qui entourent les conflits commerciaux en cours et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette révision à la baisse est expliquée aussi par une éventuelle récession aux États-Unis et par la politique d’austérité menée par le gouvernement provincial en Alberta.

Pour le huard canadien qui est actuellement près de 0,75 $ US, connaitrait une dépréciation de 15% en 2020 selon les prévisions de la Banque du Canada. La faiblesse du dollar canadien stimulera les exportations du pays, notamment les produits manufacturiers vers les États-Unis.

Sofiane Idir

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