Prise pendant des années dans le piège de la croissance « molle », les indicateurs de l’économie québécoise sont passés au vert pour imprimer à La Belle Province une réelle embellie économique. Progression rapide du produit intérieur brut (PIB), taux de chômage bas, création d’emploi, hausse des exportations, consommation en forme, augmentation des mises en chantier, boom du tourisme, etc., autant d’indicateurs qui témoignent de la bonne santé de l’économie québécoise.

Qu’en disent les enquêtes de conjoncture ?
La progression du PIB est plus rapide que prévu, alors que les économistes prévoyaient 2%, le PIB pourrait atteindre 2,5% en 2017. Un taux de chômage à son bas niveau depuis 1976 (6.1% en août 2017). La création d’emploi s’intensifie, la moyenne de janvier à juin 2017 indique d’ailleurs que l’emploi a augmenté de 2,3% par rapport à la même période en 2016, soit une création nette de 94 900 emplois et la qualité des emplois est en hausse sur un an, comme le montre l’indice de l’emploi de l’Institut du Québec (IdQ, juin 2017).

Le climat des affaires est au plus haut niveau, l’indice mensuel du Baromètre des affairesMD de la FCEI (août 2017) pour le Québec s’établit à 71.5 (l’indice étant mesuré sur une échelle de 0 à 100), l’un des plus élevés au Canada. La mise en chantier de logements est en hausse, la moyenne de janvier à août 2017 s’élève à 42 967 unités, ce qui représente un gain de 5 808 unités (+ 15,6 %) par rapport à la même période de 2016. Les ventes en détail sont en progression et avaient crû de 6.1% pour les cinq premiers mois de 2017 par rapport à la même période de 2016. Il en est de même pour les exportations ayant augmenté de 2.3% pour la même période. Pour le tourisme, l’indice composite de cette activité (les secteurs de l’hôtellerie, des sites et attraits, des boutiques/commerces de détail et de la restauration) pour la période de janvier à juillet 2017 a connu une hausse de 4,6% par rapport à la même période de l’an dernier.

Comment expliquer cette embellie économique ?
D’abord, la politique économique d’une inspiration keynésienne du gouvernement Trudeau commence à donner ses fruits en stimulant l’économie par l’entremise des dépenses publiques. Pour faire croitre l’économie canadienne à court et à long terme, le gouvernement Trudeau table sur le soutien à la classe moyenne et l’investissement dans les infrastructures. En effet, les réductions d’impôts consenties à la classe moyenne et les transferts fédéraux généreux dont elle a bénéficié (création de l’allocation canadienne pour enfants) imprime à l’économie québécoise un effet vertueux en stimulant la consommation, moteur de la croissance. Ayant une propension marginale à consommer plus grande, la classe moyenne, possédant désormais un revenu disponible plus important, consomme davantage. L’abolition de la contribution santé pour les personnes à faible ou à moyen revenu par le gouvernement provincial va dans le même sens. Les ménages plus confiants s’endettent et investissent dans l’immobilier, encouragés, notamment, par des taux d’intérêt faibles. Les gouvernements investissent davantage dans les infrastructures dont les effets multiplicateurs apportent un dynamisme indéniable à l’économie de la province.

Par ailleurs, la faible valeur du dollar canadien (depuis 3 ans, le taux de change moyen est de 78 cents US pour 1 dollar canadien) stimule les exportations des produits manufacturiers et l’activité touristique connait une année florissante, notamment avec la célébration du 150e anniversaire de la Confédération canadienne et les 375 ans de Montréal.

Sofiane Idir

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